
Le 10 juillet 1944, à l’aube, un détachement allemand de plusieurs dizaines d’hommes en tenue de combat est à la ferme de Ferrière, propriété de la famille Castarède. Ils recherchent le fils de la maison, Charles, soupçonné de faire partie de la résistance et surtout de détenir des armes. Comme il est absent, ils ont affaire à sa mère et à la servante. Sous leurs yeux, les lieux sont fouillés de fond en comble. Alors que les deux femmes sont gardées à vue, des SS se rendent chez le voisin, Albert Lacouture, à Lapine, où ils se livrent toujours à la recherche d’armes à une autre et vaine perquisition. Cependant, la présence d’un réfugié alsacien, Charles Pfeiffer, les intrigue et ils menaçent, la corde au cou, de la pendre. Puis ils se ravisent et le conduisent avec Lacouture dans le bois qui est de l’autre côté du chemin de Saint-Antoine. La tragédie se déroule à moins d’une centaine de mètres : Albert Lacouture est abattu d’une balle tirée dans la nuque. Son compagnon à la vie sauve mais emmené à Ferrière, il doit assister à la pendaison de la maîtresse de maison. Jeanne Castarède, et de son employée Clémentine Lacourt, à une branche du gros ormeau devant la porte. La grand-mère, 85 ans, a été épargnée. il lui revient l’horrible tâche de couper les cordes des suppliciès et d’entendre les corps sur le sol. Les Allemands en repartant emportent des paniers de linge, de l’argenterie et l’argent qu’ils ont trouvé. Ils se sont aussi saisis du bétail qui est conduit et mis en réserve à Saint-Antoine.
Les Allemands emmenèrent à Valence-d’Agen le principal témoin Pfeiffer qui a toutes les raisons de craindre pour son sort. Mais il est finalement relâché dans l’après-midi. Ses indications permettront de retrouver le corps du malheureux Lacouture au Bois-Grand.
Entre temps, un individu douteux, avec deux soldats en armes se sont introduits dans des maisons à Miradoux sous prétexte de perquisition et ont fait main basse sur le numéraire, les bijoux et des effets vestimentaires. Le butin était ensuite partagé.
La population vit alors dans l’épouvante. Beaucoup désertent leur domicile pour se réfugier ailleurs. C’est qu’à Dunes aussi, localité voisine de Tarn-et-Garonne, le 23 juin, 11 hommes ont été pendus et 3 autres fusillés. Au bout du chemin qui conduit à Ferrière, un monument a été élevé dès 1945 grâce à une souscription (...)
Renaud Jean. Carnets d’un paysan député communiste par Max Lagarrigue. Le parcours hors du commun d’un Marmandais qui cotoya Lénine, Trotsky, Thorez...