Arkheia, revue d'histoire

10 juillet 1944 : Les pendaisons de Flamarens

Par Guy Labedan
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Guy Labedan est correspondant de l’Institut d’Histoire du Temps Présent du Gers. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur la Résistance gersoise.

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C’est généralement à tort que l’on attribue à des troupes SS diverses exactions commises par les troupes d’occupation. ses consignes données par le haut commandement allemand à la Wehrmacht suffisent à expliquer, non à justifier, certains actes de sa part, contraires aux lois de la guerre. Seul cas dans le Gers, les atrocités commises à Flamarens l’ont été par des SS. Il s’agissait d’une compagnie du génie, cantonnant à Valence-d’Agen qui faisait partie de la tristement célèbre division Das Reich.

Le 10 juillet 1944, à l’aube, un détachement allemand de plusieurs dizaines d’hommes en tenue de combat est à la ferme de Ferrière, propriété de la famille Castarède. Ils recherchent le fils de la maison, Charles, soupçonné de faire partie de la résistance et surtout de détenir des armes. Comme il est absent, ils ont affaire à sa mère et à la servante. Sous leurs yeux, les lieux sont fouillés de fond en comble. Alors que les deux femmes sont gardées à vue, des SS se rendent chez le voisin, Albert Lacouture, à Lapine, où ils se livrent toujours à la recherche d’armes à une autre et vaine perquisition. Cependant, la présence d’un réfugié alsacien, Charles Pfeiffer, les intrigue et ils menaçent, la corde au cou, de la pendre. Puis ils se ravisent et le conduisent avec Lacouture dans le bois qui est de l’autre côté du chemin de Saint-Antoine. La tragédie se déroule à moins d’une centaine de mètres : Albert Lacouture est abattu d’une balle tirée dans la nuque. Son compagnon à la vie sauve mais emmené à Ferrière, il doit assister à la pendaison de la maîtresse de maison. Jeanne Castarède, et de son employée Clémentine Lacourt, à une branche du gros ormeau devant la porte. La grand-mère, 85 ans, a été épargnée. il lui revient l’horrible tâche de couper les cordes des suppliciès et d’entendre les corps sur le sol. Les Allemands en repartant emportent des paniers de linge, de l’argenterie et l’argent qu’ils ont trouvé. Ils se sont aussi saisis du bétail qui est conduit et mis en réserve à Saint-Antoine.

Les Allemands emmenèrent à Valence-d’Agen le principal témoin Pfeiffer qui a toutes les raisons de craindre pour son sort. Mais il est finalement relâché dans l’après-midi. Ses indications permettront de retrouver le corps du malheureux Lacouture au Bois-Grand.

Entre temps, un individu douteux, avec deux soldats en armes se sont introduits dans des maisons à Miradoux sous prétexte de perquisition et ont fait main basse sur le numéraire, les bijoux et des effets vestimentaires. Le butin était ensuite partagé.

La population vit alors dans l’épouvante. Beaucoup désertent leur domicile pour se réfugier ailleurs. C’est qu’à Dunes aussi, localité voisine de Tarn-et-Garonne, le 23 juin, 11 hommes ont été pendus et 3 autres fusillés. Au bout du chemin qui conduit à Ferrière, un monument a été élevé dès 1945 grâce à une souscription (...)


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Réagir à cet article 3 Messages de forum
  • 10 juillet 1944 : Les pendaisons de Flamarens
    28 janvier 2010 13:57, par Thierry Pfeiffer
    Bonjour, c’est tres emu que je lis cet article. je suis le petit fils de Charles Pfeiffer. Mon grand pere m’a appris tant de choses. Bien que decede il y a de nombreuses annees maintenant, il est toujours la a me conseiller. J’aimerais beaucoup en savoir plus sur les actions de la resistance dans le Gers, si vous voulez bien. En esperant nous rencontrer un jour. Respectueuses salutations
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    • 10 juillet 1944 : Les pendaisons de Flamarens
      18 février 2011 18:24, par André

      Bonsoir. Je suis tres surpris de votre réaction a cet article car je suis le fils de Charles Pfeiffer qui malheureusement nous a quitté le 18 novembre 2010.Et sans vouloir vous offensé la je ne comprend pas tres bien car étant le fils unique de Charles et n’aillant moi meme pas de garcon : Gros Mystère :

      Respectueusement André.


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      • 10 juillet 1944 : Les pendaisons de Flamarens
        14 janvier 2012 01:09, par Thierry
        Bonsoir Monsieur, je vient seulement de prendre connaissance de votre reponse ! J’en suis desole. En effet c’est troublant. Mon grand pere m’a raconte de nombreux faits de resistances dans le secteur. C’est etonnant mais pas impossible que deux homonymes ce soient trouves dans le secteur... je reste a votre disposition pour en parler "hors antenne" si vous le desirez. mon mail : tpfr@msn.com Bien cordialement Thierry
        Répondre à ce message

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