Arkheia, revue d'histoire

1936 : l’agression filmée de Léon Blum

Par Cédric Gruat
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteur : Cédric Gruat, historien et documentariste. Il est l’auteur Amis des Juifs. Les Résistants aux étoiles (Editions Tirésias, 2006 prix Philippe Viannay). Il est membre du comité de rédaction d’Arkheia.

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Le 13 février 1936, Léon Blum est agressé à Paris par des membres de l’Action française.Un cinéaste amateur, présent par hasard sur les lieux, filme la scène.

Le 13 février 1936, vers midi, le dirigeant de la SFIO et député de Narbonne, Léon Blum, sort de la chambre des Députés en compagnie de son collègue Georges Monnet, député de l’Aisne, et de l’épouse de ce dernier, Germaine Monnet. Après s’être attablés quelques instants à la terrasse du café situé à l’angle de la place du palais Bourbon et de la rue de l’Université, ils montent dans la citroën de Georges Monnet. Léon Blum et Germaine Monnet ont pris place sur le siège arrière. La voiture s’engage dans la rue de l’Université et débouche sur le boulevard Saint - Germain. Le boulevard est obstrué par une foule constituée de jeunes, d’étudiants et de camelots du roi qui attendent la levée du corps de l’historien Jacques Bainville, l’un des maîtres à penser de L’Action française, tandis que la cérémonie funèbre se déroule dans sa maison voisine. Le véhicule tente de se frayer un passage parmi la foule et avance jusqu’au niveau du ministère de la Guerre. Il est 12 h 30. Rapidement, la tension monte car la voiture oblige les membres de L’Action française à se ranger. L’énervement s’accentue quand il apparaît que le véhicule porte un macaron de député. Soudain, on reconnaît Léon Blum, le leader socialiste, le député juif. Il est trop tard pour faire demi tour. La citroën, prise au piège, est entourée par une foule compacte qui crie et se déchaîne contre ses occupants. L’inspecteur de police Georges Delisse se trouve entre la rue de Bellechasse et la rue Solférino quand il aperçoit des camelots du roi se précipiter en criant « Nous tenons Blum, venez ! ». Se rapprochant de la voiture dans laquelle il reconnaît Léon Blum assis à côté d’une femme, Delisse tente d’empêcher les assaillants d’arracher les occupants de l’auto à coup de cannes et de poings. Au même moment, l’inspecteur Jacques Plaza, de surveillance à l’ambassade d’Allemagne, rue de Lille, et posté en observation devant le numéro 100 de la rue de l’Université, entend des cris : « Au poteau, au poteau Blum ! ».

Le policier se précipite alors mais ne réussit pas à forcer le barrage. Dans la bousculade, il reçoit plusieurs coups de poings. Le brigadier Eugène Barré se trouve, quant à lui, à la hauteur du ministère de la Guerre, quand une clameur retentit et une bousculade s’ensuit. Se rapprochant du lieu, il aperçoit des militants de L’Action française qui entourent l’automobile et essaient d’en faire sortir ses occupants.

| BIOGRAPHIE Léon Blum (1872-1950). Intellectuel dreyfusard, Blum s’oriente vers le socialisme après sa rencontre avec Jaurès ( 1897 ). Membre fondateur de L’Humanité (1904), sa carrière politique ne commence toutefois (...)


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