Arkheia, revue d'histoire

1940, la France du repli. L’Europe de la défaite sous la dir. Max Lagarrigue

Par Yves Le Maner
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Critiques de livres

Page suivante

Lagarrigue Max (dir.), 1940, la France du repli – L’Europe de la défaite, Toulouse, Privat, 2001, 384 p., 22,11 €, 145 F.

Cet ouvrage constitue la publication des actes du colloque organisé à Montauban, en mai 2000, à l’occasion du 60e anniversaire de la défaite de 1940. Il s’agit d’un recueil d’une trentaine de communications très diverses. La problématique centrale du colloque réside dans l’analyse des conséquences de l’exode, au printemps 1940, sur la moitié sud de la France. L’ouvrage n’évoque pas le sort des réfugiés français « ordinaires », que certains, dans le Midi, appelèrent « les Boches du Nord »… Il s’intéresse, en revanche, à « l’Europe de la défaite », celle des réfugiés de différentes nationalités qui ont trouvé asile dans le pays des Droits de l’Homme. Il présente également les situations d’accueil et les regards croisés entre les réfugiés et les populations indigènes. Le projet est original et ambitieux, le résultat inégal et hétérogène. Un classement en grandes sections permet, toutefois, d’ordonner l’examen.

Les Belges sont, de loin, les plus nombreux. José Gotovitch leur consacre une solide étude où apparaissent des informations peu connues, comme les passages sur les CRAB, cette ébauche de nouvelle armée belge constituée sur le sol français, qui disparut sans avoir combattu. Une deuxième section est consacrée à d’autres populations étrangères repliées : réfugiés espagnols, italiens, allemands, autrichiens, juifs ou antifascistes. La contribution de Barbara Vormeier fournit une utile synthèse sur la pratique du droit d’asile à l’égard des réfugiés originaires du Reich nazi. Elle souligne la menace que fait peser sur eux l’article 19 des conventions d’armistice. Une troisième section s’attache aux conditions d’accueil offertes par les départements du Midi. Le rôle des municipalités y est déterminant. L’Hérault, étudié par Hélène Chaubin, fait figure de « Tour de Babel », avec des réfugiés originaires de seize nationalités différentes… Dominique Olivesi fournit, quant à lui, une utile synthèse sur les Alpes-Maritimes. Plusieurs communications abordent la mise en place de structures d’assistance dans le grand chaos de l’été 1940. On retiendra, en particulier, l’étude que Catherine Collomp et Bruno Groppo consacrent au Jewish Labor Comity, cette structure américaine qui s’efforce, avec pragmatisme, d’extraire du sol français des Juifs et les vaincus du socialisme européen.

Malgré l’inégal intérêt des contributions, cet ouvrage offre un utile coup de projecteur sur le véritable choc culturel qui oppose, en 1940, deux France, celle du Nord et celle du Midi. La contribution stimulante de Laird Boswell, consacrée aux Alsaciens-Lorrains évacués en septembre 1939, montre que le problème n’est pas conjoncturel et révèle les failles profondes qui (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Hitler à Paris, juin 1940
Un ouvrage majeur à découvrir : Hitler à Paris, juin 1940 (Tiresisas éditions) de notre collaborateur, l’historien Cédric Gruat.
L’épuration en Dordogne selon Doublemètre Jean-Jacques Gillot et Jacques Lagrange, L’Epuration en Dordogne selon Doublemètre, Pilote 24 Edition, 208 pages, 23 €. Depuis une vingtaine d’années de nombreux ouvrages de qualité inégale ont été (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia