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Adrien Alary, itinéraire d’un radical-socialiste castelsarrasinois

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Article publié dans
Biographies
Auteur : historien, directeur de la revue Arkheia.

(...) buste du maréchal Pétain remplacer, dans la salle du Conseil, le buste de Marianne, et inscrire à la place de la devise républicaine, celle du nouveau régime : “ Travail, Famille, Patrie ”.

Dès l’année 1943, Alary joua un double jeu. Tout en demeurant le maire nommé par Vichy, il fut en contact avec des organisations de la résistance locale, même si certains de ces détracteurs semblaient y voir un engagement plus pragmatique que sincère. Alary qui n’avait pas en sympathie les soldats allemands qu’il avait combattu courageusement par deux fois, ne pouvait guère se rapprocher de la Résistance radicale menée par Joseph Flamens et Faustin Bésiers. Dans un département où le PCF n’avait jamais pu véritablement s’implanter ; - même avec la présence de l’usine française des métaux qui employait plus de 1.000 ouvriers -, Alary trouva sans grande difficulté des alliés parmi les communistes locaux. En relation directe avec Marcel Guiche qui était l’un des principaux dirigeant castelsarrasinois du parti communiste clandestin, Alary fournissait “ de fausses cartes d’identité faites au commissariat de police et des bons d’alimentation ”, témoigne le cadre communiste. Attachement à certaines valeurs nationales, ou encore sentiment que l’opinion était de plus en plus hostile à la collaboration, les autorités suspendirent Alary un mois de son mandat de maire, après qu’il ait déposé une gerbe au monument aux morts de la ville, pour commémorer le 14 juillet 1943. On peut constater que l’adhésion d’Adrien Alary au régime de Vichy en 1941 avait changé de nature en 1943. Ses sentiments patriotiques affectés par la présence de l’occupant, les compromissions du régime français, le firent basculer comme bon nombre d’anciens combattants de la Grande Guerre, d’une résistance passive, à une résistance active. C’est ainsi qu’il adhéra au Front national, organisation d’obédience communiste qui visait à la Libération de la France. Il devait en devenir plus tard le président local. Cette adhésion et ses prises de positions ne suffirent pas lorsque, le 21 août 1944, les FFI s’installèrent à la caserne Banel, et que Comité local de Libération s’installa à la mairie. Alary préféra alors se cacher, par crainte de représailles de la part de ses anciens amis radicaux. Marcel Guiche témoigne en outre, avoir demandé au parti communisme de protéger Adrien Alary - alors membre du Front National - dans l’éventualité où des membres de l’Armée Secrète, dirigée par Faustin Bésiers, s’en prendraient à lui. Le 8 septembre 1944, par arrêté préfectoral, Adrien Alary était démis de ses fonctions de maire et exclu du parti radical-socialiste, pour avoir “ exercé ses fonctions sous le gouvernement de Vichy ”. Joseph Flamens fut réintégré dans son mandat, pour lequel il avait démissionné en 1941. Les dissensions au sein du nouveau conseil municipal le (...)



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