Arkheia, revue d'histoire

Adrien Alary, itinéraire d’un radical-socialiste castelsarrasinois

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Biographies
Auteur : historien, directeur de la revue Arkheia.

(...) firent renoncer quelques jours plus tard. Rival politique d’Alary, Faustin Bésiers du même âge que lui et qui prit par à la Libération de la commune, à la tête des troupes FFI, profita du moment pour être nommé maire provisoire.

Le temps de l’épuration passé, Alary reprît part à la vie politique de la commune. Soutenu par le Parti communiste et le Front national, il demeura aux commandes du comité castelsarrasinois du Front National, malgré les multiples attaques menées par la presse socialiste et le MLN. Le principal organe de presse socialiste, L’Espoir, le qualifiait ainsi en février 1945 : “ décidément le Front national n’a aucune vergogne. Il persiste à maintenir le pétainistement célèbre Alary à la tête de son mouvement de Castelsarrasin. Maire nommé par Pétain et Laval, faisant édifier un buste à son seigneur Pétain, encourageant la jeunesse dans des discours enflammés à suivre le maréchal dans la voie de la révolution nationale... où va le Front national ? ”. Ces attaques diffamatoires s’intensifièrent lorsque Alary annonça qu’il se présentait aux premières élections municipales qui devaient se dérouler en avril 1945. Candidat sans autre étiquette que celle du Front national, Alary mena une liste, dite d’union républicaine, composée de communistes, de radicaux dissidents et d’adhérents du Front National. Opposé à son rival radical-socialiste Béziers, Alary l’emporta au second tour, par 2.293 voix, contre 1.422 pour F. Bésiers. Alary, de ce fait, demeura suspendu moins de huit mois de son mandat de maire. Il fut, dés lors, élu sans discontinué jusqu’en 1977. Profitant de sa popularité, il prit également le canton de Castelsarrasin dès les élections cantonales d’octobre 1945, mandat qu’il conserva également jusqu’en 1973. Habile politique et fin manœuvrier, il réussit en février 1947 à adhérer à la SFIO, parti qui l’avait pourtant copieusement calomnié dans les éditoriaux de l’Espoir, sur sa "conduite" durant l’occupation. Le parti socialiste qui demeurait en minorité dans ce département tenu par les radicaux, ne pouvait guère refuser l’adhésion d’un élu aussi brillant. En effet, Alary se fit remarquer à de nombreuses reprises dans l’hémicycle du Conseil général, en s’opposant au patron du parti radical-socialiste, Jean Baylet. Si ses positions ne l’empêchèrent pas d’être élu vice-président du Conseil général le 26 octobre 1951 (19 voix sur 21 votants), il ne fut jamais candidat aux élections législatives de son arrondissement.

Ses activités politiques n’arrêtèrent pas non plus de mener a bien une carrière professionnelle comme assureur conseil. Dans le même temps, il acquérait pour son épouse Yvonne une librairie-papeterie qu’ils cédèrent à leurs fils Robert en janvier 1966. On pourrait s’interroger sur les raisons de la longévité politique d’Adrien Alary, qui, durant près de (...)



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