Arkheia, revue d'histoire

Alfred Pouget : un médecin dans la tourmente

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Article publié dans
Arkheia n°17-18

« Avec deux voisins, nous avons passé la nuit dans une venelle découverte quelques jours plus tôt ( les Allemands n’ont pas perquisitionné dans les maisons de la rue Jean-Jaurès ). Mme Humbert est venue elle-même me chercher pour aller à la maternité auprès d’une malade. Elle me conseille de prendre une blouse et le brassard de la Croix - Rouge. Passant devant l’hôtel Moderne, d’où on lance par les fenêtres des matelas qui achèvent de se consumer sur la chaussée (séquelles des combats de la veille), je rencontre le colonel Bouty qui m’annonce que l’on a arrêté tous les hommes : « dites qu’il n’y aura pas de représailles : ils me l’ont promis, d’ailleurs le haut - parleur va passer ». Dans les rues circulent des voitures chargées de soldats allemands. Après avoir donné mes soins à la maternité, je rassure les femmes qui sont sans nouvelle de leur famille. En redescendant je rencontre dans le Trech le Dr Menantaud, directeur du service de santé ; il est accompagné d’officiers de l’état - major allemand qui veulent voir les lieux du combat. Le Dr Menantaud me demande de les suivre. Nous montons l’avenue Bournazel.

Au passage, les Allemands remarquent les traces de sang laissées par un cadavre qui avait été coincé par un camion en bordure du trottoir. Mais, de crainte d’une attaque de maquis du quartier du Fouret qui surplombe la route, les Allemands ne poursuivent plus loin leur reconnaissance. Je me rends ensuite à la caserne des pompiers, rue Vieille - Préfecture, dont je suis le médecin, pour m’enquérir s’il y a des blessés. On nous avertit qu’il y a des blessés rue Pauphile. Je profite de la voiture des pompiers pour m’y rendre, ainsi qu’à la manufacture d’armes dont je remplaçais le médecin, le docteur Reix, qui avait dû quitter Tulle quelques mois plus tôt. Rue Pauphile, nous relevons plusieurs blessés dont le père de Montalat, blessé par un éclat de grenade et qui a passé la nuit dans un jardin. Je fais évacuer les blessés sur l’hôpital et me rends ensuite à la manufacture.

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