Arkheia, revue d'histoire

Algeria, on my mind ou la grande désillusion

Par André Aribaud
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°1

Page suivante

Les pages qui vont suivre ne constituent pas un document d’histoire. Il s’agit essentiellement d’un témoignage sur une période déterminée de la Guerre.

Le 2 août 1959, sous-lieutenant d’administration, je débarque pour la première fois sur la côte algérienne .La traversée de la Méditerranée de Marseille à Alger, à bord du Sidi Mabrouk de la Société Générale des Transports maritimes, a été difficile. Mais, au petit matin, Alger la blanche apparaît sous le soleil dans toute sa splendeur.

De l’Algérie même, de l’enchevêtrement de ses complexités, de la vérité de ses drames et de ses déchirements, je n’ai qu’une vague idée. Sinon que l’on s’y bat, et que depuis 1956, le contingent est envoyé sur ces terres africaines comme pour affirmer la légitimité et la nécessité du combat qui s’y trouve mené.

Mais j’arrive en Algérie dans des conditions particulières. Sursitaire pour terminer des études universitaires, j’ai eu le privilège de faire une préparation militaire supérieure d’où je suis sorti aspirant. Incorporé comme élève officier de réserve, le 5 mai 1958, à l’Ecole militaire d’administration de Montpellier, je suis alors, à l’âge de 27 ans, marié, père d’un enfant et professeur au Lycée Ingres de Montauban.

La semaine qui suit mon incorporation est fertile en événements. Le 13 mai 1958, au terme d’une longue crise ministérielle, Alger est en ébullition pour protester contre les incertitudes de la politique gouvernementale. En fin de soirée, on apprend la constitution d’un comité de Salut Public et l’appel lancé au Général De Gaulle. Je dois à la vérité de dire que je suis resté très circonspect devant ces événements. Et le déroulement des mois ultérieurs ne fera qu’accentuer cette attitude réservée. Certes, comme fonctionnaire, je me dois de servir l’Etat. Mais je désire conserver ma liberté d’appréciation au gré de la conjoncture.

Cette deuxième moitié de l’année 1958 est riche d’activités politiques. En septembre, la campagne du référendum sur la révision constitutionnelle qui scelle la naissance de la Cinquième République donne plus de 80 % de oui au Général De Gaulle . A l’Ecole militaire d’administration, où votent les élèves officiers d’Active et de Réserve, on nous impose le vote enveloppe ouverte. Le 3 octobre le Général De Gaulle est à Constantine . Il y prononce un discours qui propose un plan quinquennal de développement économique pour l’Algérie. Le 23 octobre, lors d’une conférence de presse, il lance un appel à “ la Paix des braves “.

Le 19 décembre, le Général Salan quitte Alger. Le général Challe est nommé Commandant en chef en Algérie.Durant toute la première moitié de l’année 1959, avec l’application du plan Challe, la construction des barrages électrifiés tunisien et marocain entraîne une multiplication de succès (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
D’un totalitarisme à l’autre... Les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme
A lire : La Ligue des droits de l’homme adopta très tôt une attitude complaisante à l’égard du régime bolchevik. Retour sur l’histoire méconnue d’une certaine gauche qui, selon le mot de George Orwell, fut « antifasciste mais pas antitotalitaire ».
Montauban : entre révolutions et (...) Montauban s’ouvre aux idées de la Réforme au XVIe siècle, sa population devient peu à peu exclusivement protestante. On l’appelle la " Genève française ". Fière de son autonomie municipale, la ville (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia