Arkheia, revue d'histoire

Antoine Blondin de Alain Cresciucci

Par par Guillaume Gros
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Article publié dans
Critiques de livres

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Auteur de romans mythiques, chroniqueur à l’Equipe, noctambule invétéré, Antoine Blondin (1922-1992) qui fut aussi l’un des plus brillants polémistes de la presse d’extrême droite, après 1945, n’avait encore jamais suscité de véritable biographie. Alain Cresciucci, professeur de littérature à l’université de Rouen, revisite une légende entretenue par l’intéressé lui même dans ses entretiens avec Pierre Assouline (Le Flâneur de la rive gauche, François Bourin, 1988) ou par une cohorte de « blondiniens » comme Yvan Audouard dans Monsieur Jadis est de retour (1994, Fixot, La Table Ronde).

Fils unique d’une famille de bourgeoisie moyenne, Antoine Blondin resta insensible à la politique jusqu’à sa rencontre, en 1941, avec Roland Laudenbach, futur directeur des éditions de la Table Ronde et éditeur passionné de la plupart de ses romans. Le jeune Blondin côtoie alors les milieux maurrassiens et rédige ses premiers articles politiques - révélateurs, d’après Cresciucci, d’un « fascisme culturel idéalisé » - dans la revue des Cahiers français, émanation des Centres de Jeunesse vichyssois. Blondin n’est pas indifférent à toute une thématique de la Révolution nationale autour de la « communauté contre l’individu ». Au STO auquel il ne cherche pas à se dérober, le petit bourgeois bohème fait l’apprentissage d’une forme de camaraderie dont il ne put jamais se départir, aventure relatée dans son premier roman l’Europe Buissonnière (1949). Après Vichy, le culte de la camaraderie et le goût de la marginalité le conduisent à devenir un pilier des publications d’extrême droite y compris les plus marginales comme Parole françaises, Aspects de la France, l’Indépendance française, la Fronde, ou encore Rivarol. Cependant, la littérature avec Les Enfants du bon dieu (1952), l’Humeur vagabonde (1955) et un Singe en hiver (1959) permettent à Blondin de prendre une réelle distance avec cet engagement extrême bien que son antigaullisme l’amène à soutenir le combat de l’Algérie française. Le sport l’aide aussi à sortir de l’ornière de la polémique. A l’Equipe, où il est officie depuis les années cinquante, il invente dans sa « semaine buissonnière », une formule qui mêle autobiographie, calembours et références littéraires autour d’une conception de la France très charnelle avec des accents barressiens. D’une certaine manière, Blondin retrouve dans le sport ce qu’il avait demandé à la politique : « La collectivité sportive, jamais mieux incarnée que dans le cyclisme, était la forme la plus accomplie d’un communautarisme vers quoi, on l’a vu, penchait l’idéal politique d’Antoine Blondin. » (p. 273).

L’ouvrage d’Alain Cresciucci, rend parfaitement compte des différentes étapes de la vie de Blondin et surtout de son œuvre de critique moins connue. Sa biographie rejoint le Roger Nimier, Hussard (...)


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