Arkheia, revue d'histoire

Architecture et maladie mentale dans le quartier psy de Montauban

Par Claude Collu
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Article publié dans
Arkheia n°5-6
Auteur : Claude Collu est titulaire d’un DEA d’histoire hospitalière. Auteur de La tour Lhautier, Montauban, CDDP, 2000

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Comme bon nombre d’asiles, le quartier psychiatrique fut édifié après le vote de loi de 1838 -en 1860 plus exactement-. Le bâtiment principal, la disposition des pavillons annexes répondent à des normes esthé-tiques et architecturales, fruits d’une réflexion, réponses à des préoccupations du temps, sa création ne doit rien au hasard. On sait que l’appréhension de la maladie se modifie continuellement au fil des siècles, elle présente un caractère particulier au Moyen Âge, un autre sous le siècle de Louis XIV.

La Révolution de 1789 bouleversa de nombreux concepts ainsi que le règne de Louis Philippe qui fît voter la loi de 1838. Plusieurs questions demeurent, dès lors, en suspend. L’architecture se conforma t’elle aux besoins, aux lois, à une géographie, au climat, à l’évolution de la maladie mentale ? La folie inspira t’elle les architectes ? Bâtirent-ils les hôpitaux psychaitrique en fonction des peurs suscitées par la folie ? Depuis la nuit des temps les hommes cherchent à s’abriter, ils bâtissent pour lutter contre les péripéties du temps, parfois pour se protéger d’éventuels ennemis (agresseurs, animaux, etc.). Ils bâtissent pour s’abriter mais aussi pour exclure. Cette exclusion est évidente dans le cas de l’architecture pénitentiaire ou de celle des hôpitaux psychiatriques. Sachant que l’architecture est surtout liée à une civilisation urbaine ; la vie s’organise autour des temples, églises, hôpitaux, théâtres, ponts, mairies, commerces. La nature du bâtiment est inter-dépendante du milieu, des matériaux mis à disposition, d’une géographie, du climat, de l’organisation des hommes, de leur politique, de leur croyance. Les travaux de Pierre Lelièvre, L’Architecture française (1963) et Georges Duby, Histoire de la France urbaine (1982) démontrent que cela se vérifie pour toutes les architectures, qu’elles soient militaires, religieuses ou civiles. Il en est de même pour l’architecture hospitalière.

Les hôpitaux médiévaux

Ils dépendent surtout des ordres religieux et de la charité publique. Dès le début ce ne sont que de modestes bicoques que l’on approprie tant bien que mal au service des pauvres et des malades. Le soin consiste à nourrir, faire boire ceux qui auront faim et soif, à recevoir les étrangers et les pèlerins, les héberger, vêtir les pauvres, visiter les malades. Le bâtiment a parfois sa spécificité, il se spécialise pour certaines maladies - peste, lèpre, feu de Saint Antoine - mais ne se singularise pas par la disposition des pièces. Ce sont des bâtiments ordinaires, réaménagés au service du soin à la suite d’acquisitions, d’expropriations ou de dons. On s’éloigne, on se rapproche de la ville en fonction de la nature de la maladie [1]. Toutes ces créations se sont opérées sans plan préconçu, au hasard de la richesse des communes ou de la générosité des donateurs. Quelques exceptions pourtant : des hôpitaux ont été (...)


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