Arkheia, revue d'histoire

Architecture et maladie mentale dans le quartier psy de Montauban

Par Claude Collu
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Article publié dans
Arkheia n°5-6
Auteur : Claude Collu est titulaire d’un DEA d’histoire hospitalière. Auteur de La tour Lhautier, Montauban, CDDP, 2000
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(...) mondiale au profit d’une nouvelle conception architecturale dite en dents de peigne. Les administrateurs, médecins, gardiens, et par voie de conséquence, les architectes semblent soumettre les malades à des régimes drastiques. Le règlement du service intérieur du quartier psychiatrique de Montauban ressemble à tous ceux rédigés à la même époque. Il n’échappe guère à la règle - les mêmes leitmotive sonnent comme des obsessions - des trois maître-mots qui reviennent inlassa-blement : travail, discipline, sécurité. Ce texte s’inscrit dans la lignée du règlement intérieur de 1857, commun à tous les hôpitaux psychiatriques. L’architecte, peut-on le dire, fut largement inspiré. D’abord par les mœurs du temps. La peur de la folie est toujours présente. L’étrangeté, la bizarrerie des comportements, leur violence parfois rendent les hommes prudents, voire méfiants. Puis, l’état sanitaire de la population psychiatrique. Il n’existe aucune chimiothérapie, seules l’hydrothérapie, la contention font office de traitement. La population psychiatrique augmente car le fou est désormais un malade hospitalisé, surveillé, soigné. La loi de 1838 le protège. On observe ainsi des effectifs pléthoriques. Enfin, les demandes pressantes s’ajoutent aux deux précédentes. L’homme politique répond aux angoisses des familles, à l’impuissance des médecins, aux peurs de l’homme de la rue face à la folie. Il légifère et encourage l’édification de bâtiments appropriés qui répondent à ces frayeurs venues du fond des âges. Le travail de l’architecte fut donc conditionné par l’inexistence des thérapeutiques, la loi de 1838, la volonté de perpétuer l’œuvre de Pinel. 
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