Arkheia, revue d'histoire

Art déco art des crues à Montauban

Par Serge Martin-Robin
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Arkheia n°21
Auteur : est peintre, sculpteur et enseignant en Arts plastiques à Montauban. Les photographies sont de Hervé Couton.

Page suivante

Les destructions liées à l’inondation de 1930 sont à l’origine d’une petite révolution urbanistique et architecturale qui change la physionomie de Montauban, « la belle endormie ».

La catastrophique inondation du Tarn, en 1930, cause d’importants dégâts dans le département de Tarn-et-Garonne – les villes de Moissac et de Montauban étant particulièrement touchées. La reconstruction est menée grâce à un exceptionnel élan de solidarité : aide de l’État, souscriptions ouvertes par la Banque de France et par la presse dont La Dépêche de Toulouse, dons des communes, des conseils généraux, des pays étrangers (Espagne, Pays-Bas, Maroc, Yougoslavie … ) et de particuliers. Cette reconstruction rapide est d’excellente qualité. La majorité des architectes, délégués par les collectivités, oeuvrent dans le même sens, dans un style alors à la mode. Ils crééent un ensemble architectural cohérent, résultat d’une saine émulation.

Un nouveau style européen :l’Art déco

L’exposition des Arts décoratifs de Paris, en 1925, révèle, dans nombre de pays européens, des tendances nouvelles, tant en architecture qu’en mobilier, dans la conception des objets usuels, en décoration ( sculpture, fresque, tapisserie, céramique … ). Le style « Art déco » est né et il s’impose jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Dans cette exposition de 1925, les pavillons de « l’Esprit nouveau » de l’architecte - plasticien Le Corbusier et de son cousin Pierre Jeanneret, du « Printemps » de Sauvage, de « Lyon » de Tony Garnier, ceux de l’Autriche, de la Russie, sont de beaux exemples de ce nouveau style, reconnaissable par la pureté de ses lignes et de ses volumes et marqué par la prédominance de l’angle droit, l’emploi du béton et du verre, par de grandes ouvertures, des fenêtres en saillies ( bow - windows ), des oculi ( ouvertures circulaires ), des toits en terrasses. L’Art déco se situe en rupture avec l’Art nouveau qui marque le début du siècle. Cette esthétique résulte de l’influence de divers mouvements artistiques successifs : le cubisme qui traduit le monde en volumes simples ( cube, cône, cylindre, sphère ), le futurisme italien de Severini et celui de Boccioni qui vante la vitesse et l’esthétique des machines, le suprématisme de Malevitch qui tend à la beauté radicale ( carré blanc sur fond blanc ). En Hollande, le mouvement « De Stijl », issu de la revue et de l’école créées par le peintre Mondrian et par l’architecte Adolf Loos, relie peinture et architecture en s’appuyant sur l’angle droit et les couleurs primaires. En Allemagne, l’école des Arts appliqués, le Bauhaus, avec pour professeurs Kandinsky et Klee et pour directeur Gropius réunit architecture et arts décoratifs. Enfin, le constructivisme du Russe Tatline prône une sculpture - architecture prenant possession de (...)


Page suivante


| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
La légende du bromure durant la Drôle de guerre
Mobilisé sur le front, Albert Lefèvre participe à la rédaction des journaux régimentaires. Destinée à maintenir le moral des troupes, cette presse le fait l’écho de l’utilisation du bromure. Une substance qui permettrait de réduire la virilité des permissionnaires.
1940, le Sud-Ouest dans la tourmente
Tipasa, 1960 Sur les traces de Camus qui avait visité Tipaza en temps de paix, l’auteur revient sur les ruines paléo-chrétiennes en des circonstances bien différentes, celles de la guerre d’Algérie. “ Au (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia