Arkheia, revue d'histoire

Biographies des membres de l’EM AS et FFI de Tarn-et-Garonne, partie II

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Max Lagarrigue est directeur-fondateur de la revue Arkheia. Il a enseigné à Sciences-Po Paris l’historiographie du communisme. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier paru : 99 questions...La France sous l’Occupation.

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du fait que Bonnafous avait été mis au courant de l’affaire par Duplan lui-même. Le jeudi matin, à 11 heures, Duplan était exact au rendez-vous. Il rapporta exactement ce qui avait été dit à mon sujet et que j’avais été totalement blanchi… D’ailleurs, Bonnafous ajouta qu’à aucun moment il n’avait eu le moindre soupçon sur mon compte. Avant de les quitter, je dis à Duplan‑ : “‑Vous allez quitter le département, très probablement, durant quelques jours, et je vous le conseille, mais avant de m’en aller, je dois vous dire en ami de ne plus faire étalage d’ambition sur la place publique‑ ; je le dis devant votre chef politique, qui, certainement m’approuvera, car ce serait plutôt dangereux pour vous de continuer dans cette voie, comme vous l’avez fait jusqu’à présent‑”. Si cette affaire est un échec, Duplan désormais alias Nil, a néanmoins porté atteinte à la crédibilité de Foussard et permis de renforcer la position de Guiral au sein du Directoire. Un fait important à souligner est la considération que tous portent à Irénée Bonnafous qui, sans appartenir à aucun groupe, travaille pour tous avec son service de renseignements privés. Tout se précipite avec la mise en place à Montauban d’une antenne de la Gestapo dirigée par Félix Stotz. Les perquisitions se multiplient et obligent le départ de nombreux dirigeants dont Foussard, Henri Chouffier et Me Veaux ; Guiral prend dès lors un intérim qui va durer. Foussard, de retour, apprend à ses dépens qu’il n’est plus le responsable du MUR‑ : “‑Dès mon retour, je repris contact avec les éléments de la Résistance que je retrouvais à la CGT. J’appris alors que durant mon absence Guiral avait été désigné comme chef responsable de Degon, alias Bouconne, chef régional et ami intime de Duplan. On m’annonça également que ce dernier avait réalisé son rêve et satisfait son ambition, tout au moins en partie, en devenant chef régional A.S. Par contre, mon étonnement fut grand de voir que Guiral n’avait pas hésité à me supplanter durant mon absence…‑”. Nil a placé ses hommes, il peut laisser le département en toute quiétude. Il ne réapparaît qu’au mois d’avril- mai 1944, date à laquelle Guiral a perdu pied, suite à l’arrestation de son épouse Henriette et de sa fille Suzanne. Accompagné d’un dénommé Lambert alias Corkidi, Duplan revient nanti du titre de chef des Corps Francs, bras armé des FFI. Cette nomination octroyée par Serge Ravanel, fraîchement nommé au commandement régional des FFI confirme l’idée d’un soutien extérieur à Nil. Celui-ci tente d’éliminer définitivement le colonel Langeron qui tenait cette responsabilité. Si ce coup de force de Nil épaulé par son ami Ravanel ne réussit pas en ce début du mois de mai, il n’en parvient pas moins à couper toute future responsabilité à Guiral. En effet, Nil qui n’avait probablement pas trouvé un (...)

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