Arkheia, revue d'histoire

Biographies des membres de l’EM AS et FFI de Tarn-et-Garonne, partie I

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Max Lagarrigue est directeur-fondateur de la revue Arkheia. Il a enseigné à Sciences-Po Paris l’historiographie du communisme. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier paru : 99 questions...La France sous l’Occupation.

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A la suite de l’article de Jacques Latu, il nous a semblé qu’il convenait d’associer à son travail sur le nomadisme de l’état-major de l’Armée secrète (AS) et FFI tarn-et-garonnais un complément à la fois biographique et prosopographique. Si notre but est avant tout de proposer à nos lecteurs “‑un effet de réel‑” comme le désigne Jacques Le Goff à une histoire conceptuelle qui en est souvent dépourvue, les biographies des membres de l’état-major que nous avons retracés, tentent de présenter – probablement sans vraiment y parvenir - le pourquoi de l’engagement d’un certain nombre d’hommes et de femmes dans la clandestinité. Ce long et fastidieux travail de recoupement d’itinéraires individuels et tous singuliers laisse apparaître des lignes de forces. Le premier constat est qu’il ne faut pas étudier ces clandestins dans l’enceinte cloisonnée des circonscriptions administratives. Même si le décompte laisse apparaître que sur 41 biographies des membres de l’état-major 33% sont natifs du département, 16% de Montauban, il n’en reste pas moins que 41% sont tout de même originaires d’un autre département de l’hexagone et 10% proviennent d’un pays étranger. A cela, il faut compléter notre constat par la faible représentativité des femmes qui sont en toutes et pour tout 6 dans l’état-major, soit 14% du total. Mêmes minoritaires, ces femmes engagées, souvent épouse d’un responsable, n’en exerce pas moins des fonctions qui ne se limite pas à la dactylographie des ordres de mission. De Suzanne Marcus à la doctoresse Simone Schmidt sans oublier Simone Laplace, toutes transpotèrent sur les routes du Tarn-et-Garonne avec tous les risques que cela comportaient les armes et explosifs des maquisards. Il faut croire que si les femmes n’ont pu ou voulu prendre part à l’action clandestine c’est qu’il pesait sur elles trop souvent les responsabilités d’un foyer - surtout si l’époux est déjà engagé ou prisonnier - et on peut croire qu’un certain nombre de résistances se sont fait jour au sein de leur foyer les contraignant à ne prendre qu’une place intermédiaire. En effet, peu de femmes se sont engagées alors que leur conjoint n’était pas lui-même partisans des organisations clandestines. Si 26% des memebres de l’été-major sont des professionnels de la guerre, il n’en reste pas moins qu’ils ne représentent qu’une faible proportion des effectifs socioprofesionnels. Au 32% de fonctionnaires, il faut mettre en valeur le fait que 37% de ces hommes et femmes sont engagés dans la vie active dans des professions libérales. On aurait pu croire que la dispoinibilté était un facteur sinon décisif au moins déterminant, il n’en est rien. Le deuxième fait marquant qui ressort de cette rapide analyse des catégories sociprofessionelles, c’est la quasi absence de paysans dans cet organigramme. Il ressort que les memebres de l’état-major ont dans leur grane majorité un bagage (...)

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