Arkheia, revue d'histoire

Biographies des membres de l’EM AS et FFI de Tarn-et-Garonne, partie I

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Max Lagarrigue est directeur-fondateur de la revue Arkheia. Il a enseigné à Sciences-Po Paris l’historiographie du communisme. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier paru : 99 questions...La France sous l’Occupation.

(...) Françaises de l’Intérieurs, notre homme s’est fait des ennemis. Ainsi une fois encore les témoignages ont pu être orientés par cette donne. Nous prendrons donc quelque réserve qui n’a pas toujours été d’usage que ce soit dans l’utilisation des archives des CVR – archives qui, doit-on le rappeler, ont permis les homologations pour actes de résistance ou participation à la Résistance1 - et dans l’utilisation des témoignages dont nous disposons. Seule ici la vertu cardinale du croisement des sources amène à objectiver le parcours de cet homme.

Noël Duplan a 27 ans lorsque la drôle de guerre bat son plein. Si son activité professionnelle au service vicinal de la préfecture de Montauban, où il est employé aux écritures ne laisse rien présager de singulier, son engagement politique doit être signalé. Membre et secrétaire de la section montalbanaise des jeunesses radicales-socialistes, on peut penser que, si la guerre n’avait pas éclaté, il aurait fait une carrière politique dans le département. Les événements en décident tout autrement. Mobilisé le 8 septembre 1939 avec le 13e de reconnaissance de corps d’armée de Montauban, il participe aux combats de la campagne d’Alsace avec le grade de maréchal des logis, fonction qu’il a acquise lors de son service militaire (1932-1934) dans le 10e dragons. Démobilisé le 15 juillet 1940, il retourne dans sa ville natale. A partir de cet instant son parcours connaît quelques raccourcis sur lesquels nous ne ferons aucun commentaire, le croisement continu des sources est suffisant pour en mesurer l’importance. Dans son étude Stéphanie Ricca délivre tel quel le témoignage que lui a livré Duplan. Elle écrit‑ : “‑Noël Duplan réagit ouvertement le 20 juin 1940, ayant appris l’appel du maréchal Pétain à cesser le combat. L’expression de son refus de la défaite face à l’Allemagne nazie, lui vaut alors la mise aux arrêts de rigueur et le conseil de discipline. Ses citations obtenues lors de la campagne lui épargnent une punition. Sa démobilisation (…) lui permet de rentrer à Montauban, porteur d’un esprit de refus à l’origine de son engagement résistant au début des années quarante‑”. (p. 65) A cette source unilatérale, livrée cinquante années après les faits, il convient toujours avec le même esprit d’impartialité de mettre en valeur deux autres témoignages d’importance sur l’activité de Noël Duplan à cette même époque. Le premier n’est autre que Marcel Foussard4, futur responsable des Mouvements Unifiés de la Résistance (MUR). Ce dernier laisse un récit saisissant sur l’itinéraire de Duplan en cette année 1940‑ : “‑Au Service Vicinal se trouvait un employé aux écritures, Noël Duplan, secrétaire des jeunesses radicales-socialistes, et qui avait adhéré à la Légion. Il faisait auprès de ses relations une propagande intense. C’est ainsi que je me laissai entraîner par lui (...)



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