Arkheia, revue d'histoire

Biographies des membres de l’EM AS et FFI de Tarn-et-Garonne, partie I

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Max Lagarrigue est directeur-fondateur de la revue Arkheia. Il a enseigné à Sciences-Po Paris l’historiographie du communisme. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier paru : 99 questions...La France sous l’Occupation.

(...) à donner mon adhésion en fin 1940 et j’eus comme parrains Duplan et Baron, avocat, qui était également un sérieux propagandiste‑”. Le second témoin n’est autre que Jean-Albert Ressigeac, correspondant tarn-et-garonnais de l’ex-comité de la Seconde guerre mondiale qui mena durant plus de vingt ans une enquête minutieuse sur cette période. Il va sans dire que sa connaissance aiguë des hommes et des organisations clandestines est de premier choix, de par à la fois son travail de recherche méticuleux et un souci constant de probité mais également son engagement dans la clandestinité comme dirigeant du service de Noyautage des Administrations Publiques (NAP). Ressigeac confirme le témoignage laissé par Foussard dans la note suivante‑ : “‑Tout au début, Noël Duplan s’inscrit à la Légion des anciens combattants‑ ; puis passa à la Résistance‑”. Il ne nous appartient pas de commenter le choix de M. Duplan à ce moment de sa vie ; toutefois cet itinéraire confirme que nombre d’anciens responsables des organisations clandestines qui constituent ce que l’on appelle aujourd’hui avec un grand R, la Résistance, n’eurent pas l’itinéraire que Gaulliens et Communistes ont voulu pour l’Après-Guerre. La France était à l’unisson, il fallait reconstruire plus que comprendre. L’oubli d’une complexité embarrassante construisant le mythe d’une France dans son ensemble résistante fut le choix des politiques et des mémorialistes de l’époque. La mémoire reconstruite a posteriori n’a gardé que les bons moments, gommant les aléas d’itinéraire plus difficile à expliquer hors de son contexte. Le récit reconstruit et écrit par Stéphanie Ricca continue ainsi‑ : “‑ce sont des motivations politiques qui poussent “‑trois amis de gauche‑”‑ : Noël Duplan, Jules Allamelle et Louis Rouère à reprendre contact après la démobilisation à Montauban en juillet-août 1940. Ce qui les lie est une amitié politique et [leur appartenance] à la franc-maçonnerie‑” (pp. 82-83). Le témoignage laissé par Jules Allamelle n’indique en rien des relations aussi précoces avec Noël Duplan. Si l’on ne peut nier que leur appartenance à tous trois à la gauche réformiste ait pu les regrouper, la disparition des archives de la loge à laquelle appartenait Allamelle - la Parfaite Union - pour la période 1914 à 1940 ne nous permet pas de confirmer que les deux autres aient été maçons. Qui plus est, à la lecture du témoignage de Foussard, on comprend mieux dans quelle circonstance Duplan a quitté la Légion‑ : “‑Je demandais à Noël Duplan s’il voulait faire partie du groupe de Résistance qui s’était formé dans le département, à Montauban. Je fis cette démarche avec une certaine appréhension car je savais qu’à cette époque, début 1942, il était encore un fervent légionnaire, chef de centaine et propagandiste actif. Il était allé, en effet, plusieurs (...)


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