Arkheia, revue d'histoire

Biographies des membres de l’EM AS et FFI de Tarn-et-Garonne, partie I

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Max Lagarrigue est directeur-fondateur de la revue Arkheia. Il a enseigné à Sciences-Po Paris l’historiographie du communisme. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale. Le dernier paru : 99 questions...La France sous l’Occupation.

(...) Duplan responsable dès mars 1942 devient un interlocuteur de premier ordre pour ces deux organisations qui s’ignorent. C’est lui qui est à l’instigation de la dissolution des Jacobins qu’il veut voir se fondre dans l’AS, dont il entend être le responsable. En octobre 1942, les Jacobins montalbanais comptent un effectif total de 124 hommes, ce qui en fait l’un des groupes clandestins les mieux organisés. Duplan n’ignore pas que, s’il fait basculer les Jacobins dans l’A.S., il prendra une position incontestable dans cette organisation. Le témoignage de Laplace nous démontre sans s’en rendre compte cette tactique‑ : “‑(en) novembre 1942‑ : nous sommes en liaison avec l’Armée Secrète et nous marchons en complet accord avec eux, nous avons également des liaisons avec Libérer et Fédérer, nous apprenons que Combat est représenté à Montauban. Hiver 1942-1943‑ : Vié demande à Roland à ce que les Jacobins Montalbanais soient représentés au sein du Directoire départemental. Notre demande est acceptée, elle n’aura pas de suite car nous fusionnons définitivement avec l’AS qui sous l’impulsion de Duplan possède beaucoup de recrues‑”. Duplan qui n’ignore pas l’existence des autres organisations clandestines a eu un entretien avec Me Veaux, principal dirigeant de Combat avec Melle Gineste. De toutes ces rencontres, Duplan n’en dit mot à Laplace qui n’apprend qu’en novembre 1942 que Combat existe dans le département. Plus fort est la fusion qui ne se produit pas entre les organisations de la résistance civile et les Jacobins. Ces derniers avec les tractations de Duplan sont fondus comme il avait prévu dans l’AS.

Duplan a renforcé sa position au sein de l’AS, il est le second du chef départemental Huet. Toutefois, Duplan avec l’intégration des Jacobins se fait remarquer des dirigeants régionaux et a placé ses hommes. Pour parvenir à son but, c’est-à-dire diriger la résistance départementale, Duplan doit, après avoir conquis la résistance militaire (AS), gagner également la résistance civile. Pour ce faire, il utilise un homme, Paul Guiral. Le témoignage que nous livre l’un des amis de Duplan est à ce titre important sur l’utilisation de Guiral par Duplan‑ : “‑Par l’intermédiaire de Caussanel qui est un des membres de mon groupe, je fais la connaissance de Guiral, ancien président de la Cour d’Appel de la Réunion ou Madagascar qui après une longue carrière coloniale, ne demanderait qu’à jouir, en paix, à Montauban, d’un repos bien gagné, s’il ne partageait pas l’indignation des bons Français contre la trahison qui a livré la France à l’oppression. Je me rends très souvent chez lui, le soir, dans sa maison de la Bastiole. Je le tâte et quand je suis certain de ses sentiments, je lui propose de faire partie de mon groupe de l’AS. Il accepte malgré la soixantaine avec le plus grand enthousiasme. Je continue à avoir des (...)



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