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Birger Sandzén on Art, Music and Transcendance par James M. Kaplan

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Critiques de livres

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Né en Suède, influencé par Seurat et Signac, Birger Sandzén a vécu soixante ans aux Etats-Unis, où il est devenu un des plus grands paysagistes. Grâce au professeur James M. Kaplan, auteur d’un livre promis à faire date, il est désormais possible de se familiariser avec cet illustre méconnu.

Certains l’ont comparé à Vincent Van Gogh ou bien à Paul Cézanne. D’aucuns le considèrent comme un des plus grands paysagistes américains. Or, en France, rares sont ceux qui sont en mesure de fournir le moindre renseignement sur lui. Il s’agit pourtant d’un immense peintre né en Suède à Blidsberg le 5 février 1871, au nom de Birger Sandzén. Grâce à James M. Kaplan, professeur de français émérite à l’Université de Moorhead (Minnesota) et membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze, on possède enfin la monographie la plus complète et la plus précise sur sa vie et son oeuvre.

C’est en 1894, à l’âge de 23 ans, qu’il a émigré à Lindsborg, au Kansas, où il entama une brillante carrière au College Bethany, enseignant plusieurs langues (le suédois, le français, l’espagnol et l’allemand), et surtout l’art. Excepté deux voyages effectués au Mexique et trois en Europe, il s’installa définitivement aux Etats-Unis. Bien qu’ayant pris sa retraite en 1946, il continua son oeuvre à la Faculté, dans son atelier, jusqu’à sa mort survenue le 19 juin 1954, à l’âge de 83 ans.

L’ouvrage de James Kaplan présente un double intérêt, à la fois artistique et littéraire. Il montre d’abord combien la production de Birger Sandzén est diverse et singulière, appartenant à différents mouvements, à commencer par l’impressionnisme jusqu’au fauvisme, en passant par le pointillisme et l’expressionnisme.

Au début de l’année 1894, comme la plupart des artistes suédois, il se rendit à Paris et durant cinq mois fréquenta l’atelier d’Edmond Aman-Jean. Ce dernier, élève d’Henri Lehmann, lui-même élève d’Ingres, a été le condisciple de Georges Seurat, dont on retrouve l’influence dans maints tableaux de l’illustre Suédois, ainsi que celle de Paul Signac, tous les deux à l’origine de la technique du divisionnisme. Birger Sandzén séjourna une seconde fois à Paris à la fin de l’année 1905, au moment du fameux Salon d’Automne, qui inaugura l’ère du modernisme, et notamment du fauvisme (avec Matisse et Derain). Contrairement à beaucoup de visiteurs, l’illustre professeur d’art américain apprécia et trouva cette peinture, "raisonnable, et raisonneuse même", l’aboutissement d’un "produit de théories".

Birger Sandzén a excellé dans sa façon de "faire vivre" les riches et vibrantes couleurs de l’ouest américain, et de s’investir dans les paysages à différentes échelles, avec une palette de plus en plus libre et une formidable passion des coloris. Mais James Kaplan ne se contente pas de montrer comment a évolué l’inspiration et la technique de son "héros". A (...)


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