Arkheia, revue d'histoire

Cahors. Fusillés : un tabou, un livre et un film

Par Bernard-Hugues Saint-Paul
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Article publié dans
Revue de presse

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LaDepeche.fr | Publié le 20/07/2011 08:14

La revue d’Histoire « Arkheia » propose dans son dernier numéro un passionnant dossier intitulé « Les fusillés de la Libération : un tabou cadurcien », réalisé par l’universitaire cadurcienne Cécile Vaissié. Le 17 août 1944, les Allemands quittent Cahors. Aussitôt, les FFI y entrent, prennent les commandes de la ville et proclament l’état de siège. La liesse populaire du 18 août s’accompagne d’arrestations de collaborateurs avérés ou proclamés. Le 20 août 1944, quinze Cadurciens sont passés par les armes au cimetière de Cahors.

Elle-même fille de résistant, Cécile Vaissié s’est appuyée sur des documents, des témoignages et des travaux antérieurs dont ceux de l’historien lotois Pierre Laborie.

« Y a-t-il eu justice, règlement de compte, mise en place de la terreur ou bien catharsis collective et détournement de la colère populaire ? », s’interroge l’auteure qui soulève de nombreuses questions encore dérangeantes : certains fusillés étaient bien identifiés comme collaborateurs, mais c’est moins évident pour d’autres, qui n’apparaissaient pas sur les listes établies par la résistance. Quelles étaient les véritables motivations des juges autoproclamés de ces procès expéditifs ?

Pourquoi et comment de nombreux collaborateurs actifs n’ont pas été inquiétés ? Quelles ont été leurs protections ?

« La collaboration, c’est toute une gamme de gris, allant de la collaboration passive à celle active. Les fusillés de la Libération auraient tout au moins mérité un véritable procès, basé sur des documents et des accusations précises », souligne Cécile Vaissié.

En 2008, le fils de Florent Schroetter, l’un des quinze fusillés de la Libération, a obtenu la réhabilitation de son père (déclaré mort pour la France) ; réhabilitation mal vécue au Musée de la Résistance.

Actuellement sur des projets de livres et de film (lire ci-dessous) Cécile Vaissié appelle tous ceux possédant encore des documents de cette époque à les déposer aux archives départementales, et ceux qui souhaitent apporter leurs témoignages à la contacter.

1) Arkheia, 124 pages, 14 €. En vente en kiosque et sur commande (www.arkheia-revue.org) -

Tel : 05 63 32 01 98.

Le dernier numéro de la revue « Arkheia » se penche sur les 15 fusillés de la Libération à Cahors. Un procès expéditif, encore aujourd’hui tabou car renvoyant à la question des collaborateurs non punis.

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