Arkheia, revue d'histoire

Claude Campanini : itinéraire d’un déporté moissagais I

Par Claude Campanini
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Claude Campanini, ancien résistant et déporté, a écrit ce témoignage le 27 Juillet 1998 à Moissac où il réside depuis de longues années.

(...) français de Pétain. Le temps qui passe lui donne bientôt raison. L’occupation allemande et l’Etat Français se font tous les jours plus durs, plus contraignants, l’administration, les réquisitions, la répression de jour en jour plus draconiennes, plus impitoyables. Tous les jours les journaux font état, en grande manchette, de l’arrestation et de l’exécution des patriotes. En mars 1943, mon frère Bruno reçoit un ordre de réquisition pour le Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne. Il refuse de partir et quitte la maison.

Entrée à la 12e Compagnie de l’Armée Secrète du Tarn-et-Garonne

A ma sortie de l’école communale en juillet 1938, j’ai continué à voir mon instituteur, Lucien Loubradou, pour lequel j’ai toujours eu des sentiments d’affectueuse reconnaissance et qui en échange m’avait donné sa paternelle amitié. Il était connu pour son appartenance à la SFIO et à la Franc-Maçonnerie, raisons de son renvoi de l’enseignement en octobre 1940 par le gouvernement de Vichy. Je m’adressais à lui pour lui faire part de la situation de mon frère. Il lui procura des documents le dispensant du STO. Connaissant les opinions antifascistes de la famille Campanni, M. Loubradou nous recrute pour entrer dans la résistance. Notre ferme de Saint-Nicolas-de-la-Grave servira de lieu d’hébergement et de passage pour personnes en difficulté et recherchées ; en attendant une destination définitive. Notre grange à foin abritera des munitions. La 12e compagnie de l’Armée secrète n’eut qu’une existence éphémère. Elle commença à se structurer au début de 1943 pour être anéantie par les arrestations des 11, 12 et 13 novembre de la même année. L’Armée Secrète était une organisation de résistance mise sur pied par le Général de Gaulle qui désigne son représentant en France au plan national, le général Charles Delestraint. Après l’arrestation, la déportation et l’exécution de ce dernier son remplaçant est nommé, il s’agit de M. Dejussieu-Pontcaral, qui sera lui aussi arrêté et que je rencontrerais au camp de Dora. Voici ce qu’écrit mon camarade et ami André Vernines sur la 12e compagnie AS, lord du 50e anniversaire de la Libération : “ Il faut préciser qu’il y a eu deux 12e compagnie successives. La première a été dénoncée aux allemands, ses membres arrêtés ont été déportés avec les conséquences tragiques que l’on connaît. Ce n’est pas a nous d’en parler ici car à l’époque très peu d’entre nous étaient au courant . Donc cette 12e compagnie AS de Tarn-et-Garonne a été recréée au cours de l’année 1944 et c’est M. Bajon, alias “ Capitaine Potez “ qui en assura le commandement. Nous avons été réunis au lieu dit “ le moulin “ à Montpezat-de-Quercy. Le lieutenant Gaston et l’adjudant Anatole furent chargés de notre instruction militaire. En effet très peu d’entre nous avaient eu des armes de (...)



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