Arkheia, revue d'histoire

Collection "Archives du communisme" (Seuil)

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Max Lagarrigue, historien, directeur de la revue Arkheia.

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Voici quatre années qu’une nouvelle collection dirigée par Stéphane Courtois et Nicolas Werth (ce dernier remplacé par Pascal Cauchy), a pour ambition de renouveler l’histoire du communisme. La Collection “ Archives du communisme “ qui vient de publier son 6e ouvrage, a donné la priorité à l’édition de travaux émanants des nouveaux fonds disponibles à Moscou. Depuis que ces nouvelles montagnes d’archives sont pour parties accessibles aux chercheurs, il était urgent de permettre aux historiens travaillant sur ces fonds de trouver un support éditorial. Voilà chose faite aux éditions du Seuil.

Si les deux premières parutions se sont focalisées sur certains aspects obscurs de l’histoire de l’URSS (L’Assassinat de Kirov. Destin d’un stalinien, 1888-1934 et Le Cercle du Kremlin. Staline et le Bureau politique dans les années 30 : les jeux du pouvoir) l’ouvrage de Karel Bartosek, Les Aveux des archives. Paris -Prague - Paris, 1948-1968, lançait une vive polémique en France autour de l’affaire London. En effet, Bartosek fort des archives inédites du Parti communiste tchécoslovaque, éclaire d’un œil nouveau les activités des époux London avant L’aveu. On y apprend que London, homme d’appareil, est envoyé avant-guerre de Moscou en Espagne, où il travaille dans les services de renseignement, en particulier comme chef de la section balkano-slave du SIM (Servicio de Investigacion militar) contrôlé par les services spéciaux soviétiques. London s’engage aussi à la section des cadre du PC espagnol, chargée de “ procéder à une épuration “ des “ éléments de nationalité autre qu’espagnole “ selon ses propres termes. Réfugié en France après la défaite des Républicains, il devient membre dirigeant de la MOI. Après guerre, il travaille, assisté de sa femme, pour les services de renseignements tchécoslovaques, sous le contrôle des services soviétiques, en France et en Suisse.

L’ouvrage écrit en duo par Annie Kriegel et Stéphane Courtois sur l’itinéraire d’un autre kominternien tchécoslovaque du nom de Eugen Fried permet également de présenter les relations du PCF avec son internationale à Moscou. Fruit de longues recherches dans les archives praguoises et moscovites, les deux auteurs, tous deux spécialistes du communisme, au-delà de la biographie du cadre de l’Internationale communiste, dévoilent l’un des plus grands secrets du PCF, le camarade Clément de son vrai nom Eugen Fried. La richesse de l’ouvrage est telle que nous ne pouvons livrer que quelques fragments qui nous sont apparus les plus significatifs de ce travail colossal. Dès 1930 représentant du comité exécutif de l’internationale communiste en France, Fried travaille à structurer un PCF complètement déchiré. Le Parti ne compte plus que 25.000 adhérents et n’a obtenu que 10 députés aux élections de 1928. Reconstruisant le PCF par (...)


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