Arkheia, revue d'histoire

Des enfants juifs à Lectoure : un sauvetage inégal

Par Geneviève Courtès
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Article publié dans
Arkheia 25-26-27
Auteure : érudite locale, auteure de Enfants Juifs à Lectoure, Éditions Gascogne, 2010.

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Cet article s’insère dans l’étude actuelle sur les enfants cachés s’appuyant sur les témoignages des survivants et un travail d’archives. À partir de quatre enfants lectourois le temps de la guerre, l’auteur essaie de distinguer les différentes formes de sauvetage provenant de la population civile et leur échec pour Manfred et Samuel.

Manfred, Samuel, Maurice et Johanna à Lectoure 1939-1945

Manfred, Samuel, Maurice, Johanna arrivent à Lectoure en septembre 1939 et Mai-juin 1940. Ils ont en commun une fuite à travers la France pour échapper à l’occupant nazi. Ce sont des enfants cachés dont les destins différents. Manfred et Samuel sont assassinés en déportation, Johanna est cachée dans une pension jusqu’en 1945, Maurice vit à Lectoure puis à Ayzieu en famille avec une aide civile et religieuse.

Lectoure en 1939 – 1940

Lectoure accueille dès septembre 1939 la ville de Saint-Louis évacuée, en fonction de sa proximité avec l’Allemagne. L’évacuation se fera par trois trains. Dès le 1er septembre au soir. Saint-Louis est pratiquement vidée de ses 7 000 habitants. L’arrivée se fait à Lectoure le 6 septembre après trois jours et trois nuits de voyage. D’autre Ludoviciens arrivent péniblement en voiture au bout de huit jours. Lectoure, 4 700 habitants est submergée. En octobre 1941, la majorité des Ludoviciens revient à l’appel des autorités allemandes sauf une vingtaine de familles juives et communistes. En un an, Lectoure a dû s’adapter à une population de réfugiés au niveau de vie supérieur. Il y avait déjà eu des migrations italiennes et des républicains espagnols (début 1939). C’est dans ce contexte, qu’au plus fort de l’exode : Mai-Juin 1940 arrive l’essentiel des familles juives de Paris, Belgique, Metz, Saint-Louis. Ces points de départ étaient soit des étapes, soit des terres d’accueil, en particulier pour les parisiens. Quelques arrivées ont lieu en 1941 ou 1942 quand la pression allemande devient trop forte au Nord. Jusqu’en novembre 1942 l’attrait de la zone libre est dominant. Il y aura pourtant la rafle du 26 août 1942 organisée par les autorités de Vichy. En octobre 1941, pour le recensement de Lectoure sous la responsabilité du maire : nombre de juifs français : 48, nombre de juifs étrangers : 20. Près de soixante dix personnes officiellement mais par prudence certains n’ont pas inscrit leur famille ou tout simplement n’ont pas répondu. Cette population réfugiée bouge dans le cadre du canton de Lectoure, d’un refuge à l’autre selon les alertes.

Les rafles à Lectoure

Sur la vingtaine de juifs étrangers : Dix sept seront déportés (huit arrêtés à Lectoure et neuf hors Lectoure). Ils sont victimes de deux rafles pour huit d’entre eux : 26 août 1942 dans la zone libre, 24 février 1943. Les neuf autres sont arrêtés dans la zone italienne en septembre 1943 ayant fui Lectoure au printemps. (...)


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