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Des français au camp de Gurs en 1940 : les "préventionnaires" et les "indésirables"

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Arkheia 25-26-27

Une « Allée des Internés » aux 27 colonnes du souvenir, inaugurée le 23 octobre dernier, complète le mémorial national du camp d’internement de Gurs. Elles symbolisent les plus de 60 000 hommes, femmes et enfants qui ont été détenus en ce lieu, du printemps 1939 au printemps 1944. La 18e colonne porte l’inscription suivante : « CAMP DE GURS - MAI 1940 - III° République Française - 1329 « INDÉSIRABLES » FRANÇAIS - COMMU­NISTES - SYNDICALISTES - PACIFISTES ».

Parce qu’imprécise, cette inscription engendre une confusion à l’origine d’un regrettable oubli. Le chiffre de 1329 « indésirables » confond le millier de détenus issus des prisons militaires de Paris et de Bordeaux repliées à Gurs, les « préventionnaires », avec les quelques dizaines d’internés administratifs français, les « indésirables ». Cette confusion est entretenue par le texte du panneau dressé en bordure de la D 936, non loin de l’entrée de l’ancien camp, annonçant qu’« ici […] furent internés […] 120 Patriotes et Résistants Français » ; aucune mention des « préventionnaires » ni des « indésirables »…

Sans compter que qualifier les justiciables des tribunaux militaires d’« indésirables français » (I.F.) est impropre. Cette dénomination n’est applicable qu’aux seuls internés assignés à résidence par mesure administrative, en vertu du décret du 18 novembre 1939. Que l’Amicale du Camp de Gurs ait oublié les « préventionnaires » est d’autant plus surprenant que Léon Bérody, détenu communiste écroué à la prison militaire de Paris repliée à Gurs en juin 1940, « préventionnaire » lui-même, a été le premier président de cette amicale (1980-1999).

Pourquoi cette confusion ? Pour quelles raisons les prisons militaires de Paris puis de Bordeaux ont-elles été « repliées » à Gurs au cours de l’été 1940 ? Que sait-on du centre de séjour surveillé pour « indésirables français » du camp de Gurs ?

Jacky Tronel, chercheur en Histoire pénitentiaire militaire, apporte un nouvel éclairage sur ces Français internés au camp de Gurs en 1940 : les « préventionnaires » d’une part, les « indésirables » d’autre part.

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