Arkheia, revue d'histoire

Du camp d’Agde la Maison d’Izieu : sauvetage d’enfants juifs dans l’Hérault

Par Hélène Chaubin
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Article publié dans
Arkheia 25-26-27
Auteur : historienne, correspondante de l’IHTP, Montpellier.

La France n’a pas compté moins de 200 camps dans la période de la Seconde Guerre mondiale. Le camp d’Agde est moins connu que ceux de Rivesaltes ou des Milles : cela tient beaucoup à ce que ses bâtiments ont été détruits après la Libération et qu’il ne reste pour témoigner de son existence que quelques plaques et un monument-mémorial. Son souvenir est associé à la « Maison d’Izieu », un home d’enfants juifs réfugiés de l’Hérault, créé en 1943, découvert par la Gestapo en 1944. À Agde comme à Izieu, une infirmière juive, Sabine Zlatin, s’est consacrée au sauvetage des enfants.

Un flux de réfugiés juifs originaires d’Europe de l’Est parvient en France entre les deux guerres mondiales. Ils fuient persécutions antisémites et pogroms. Parmi eux Sabine Chwast, une Jjuive pPolonaise, qui quitte son pays en 1920, à 17 ans. Par Königsberg, puis Berlin et Bruxelles, elle arrive à Nancy sans posséder de papiers en règle. Elle peut cependant entrer à la faculté des Lettres où elle rencontre plus d’étudiants roumains, bulgares, polonais et russes que de Français. Elle épouse en 1927 un jeune Russe étudiant en agronomie, Miron Zlatin. Le couple veut demeurer dans le Nord : il acquiert une ferme avicole. Son succès vaut la naturalisation à Sabine et Miron en juillet 1939. Quand la guerre commence, Sabine suit une formation d’infirmière militaire à Lille. Elle rejoint la Croix- Rouge quand les troupes allemandes entrent en Belgique. En juin 1940, l’exode conduit les Zlatin à Montpellier. Antisémitisme et xénophobie sont en germe dès juillet 1940 dans la législation de Vichy. Les statuts des Juifs d’octobre 1940 et de juin 1941 frappent les Juifs de façon explicite. Pourquoi ? Parce qu’ils sont dénoncés comme les responsables de la défaite française. Autres accusés, les francs-maçons et surtout les communistes, sont aussi concernés par des mesures d’exclusion. Sur eux comme sur les étrangers qui ne sont pas des citoyens de pays alliés de l’Allemagne pèse la menace de l’internement sur simple décision préfectorale à partir de septembre 1940. Mais seuls les Juifs sont réputés coupables du seul fait de leur origine raciale. Pour eux, contrairement aux autres catégories, l’âge compte peu : même les enfants en bas âge seront classés comme indésirables puis passibles de déportation.

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