Arkheia, revue d'histoire

Dunes : le dernier témoin du 23 juin 1944 parle

Par Baptiste Gay
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : journaliste à La Dépêche du Midi.

(...) en second l’adjudant-chef Willy Goymann fait prisonnier plus tard en Normandie, et transféré à la prison militaire de Bordeaux.

deux étapes mortelles

Parvenue à Donzac, pour une raison indéterminée, la colonne se dirigea vers Saint-Sixte, qu’elle atteindra vers 5 heures du matin. Progressant dans le village endormi, les SS aperçoivent deux roulottes de forains. Dix-sept personnes seront abattues, dont des vieillards, des femmes et des enfants en bas âge. Poursuivant leur route, ils arriveront vers les 6h à Caudecoste. Raymond Cassé est abattu, alors qu’il tentait de s’enfuir. Ils appréhenderont ensuite Marcellin Serret, auquel ils poseront la question : « Toi terroriste ? »Et Marcellin répond « Oui, je travaille la terre ». Cette méprise lui coûtera la vie. Il fut pendu à la treille de sa propre maison.

la tragédie de dunes

C’est une troupe surexcitée qui, ensuite, prend la direction de Dunes qu’elle atteindra aux alentours de 10h30. Les SS déployés sur un large front d’investigations ratissent le terrain, jusqu’à hauteur du village. Cette grande traque leur permettra de regrouper environ 70 personnes sur la place de la mairie (aujourd’hui place des Martyrs). L’officier appelle alors M. Demouchy, secrétaire de mairie, et sous la menace d’un revolver, lui ordonne de faire rassembler tous les hommes du village par le garde-champêtre. Les personnes capturées sont dépouillées de tous leurs objets. Dans le même temps, d’autres soldats pénètrent dans les maisons et prennent tous les accessoires nécessaires, en prévision des exécutions par pendaison. La marche au supplice va commencer, avec l’appel sinistre de ceux qui vont mourir. Tous firent face, les uns avec courage, les autres avec résignation. Cette chaise jetée comme un défi à la tête des soldats par celui qui veut choisir sa mort, cet autre qui fuira au coin d’une ruelle et que l’on abattra, cette corde qui se rompra, et que l’on renouera au cou d’un supplicié, enfin, courage extrême, sublime dernier geste d’un autre qui, repoussant la main de son bourreau, se passera lui-même la corde autour du cou.

une matinée emplie des promesses de l’été Ce 23 juin 1944 avait pourtant bien commencé. Une douce matinée laissait présager d’une belle journée emplie des promesses de l’été. Et puis soudain, c’est le début d’un cauchemar, d’une tragédie qui va marquer historiquement la commune de Dunes. Un terrible destin allait s’abattre sur des hommes qui, en pleine force de l’âge, allaient périr, victimes d’une doctrine sanguinaire et destructrice qui visait à asseoir son hégémonie au prix de crimes et d’atroces représailles. Les hommes qui périrent ce jour-là étaient tous des représentants de notre société : agriculteur, artisan, facteur, retraité, nés ici ou venus d’ailleurs, tous étaient au rendez-vous de la mort, ce matin-là.

ils avaient pour nom

Georges Carpuat (agriculteur, 59 ans) ; Roger Dublin (...)



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