Arkheia, revue d'histoire

Edito

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°5-6
Auteur : historien, Max Lagarrigue est le directeur-fondateur de la revue Arkheia.

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Cette nouvelle édition d’Arkheia, disons le d’emblée, à la chance d’avoir dans ses colonnes une interview inédite et exclusive de Maurice Agulhon. L’historien et professeur au Collège de France, spécialiste des symboles de notre République entre autre, a bien voulu répondre aux questions de Guillaume Bourgeois qui nous présente dans un jeu de questions/réponses : la femme au bonnet phrygien. Dans la continuité de notre précédent dossier sur les camps d’internements français, Arkheia perdure son entreprise. En privilégiant des lieux où les historiens s’étaient peu attardés, des sites où seule la mémoire locale a , pour peu de temps encore, préservé quelques fragments épars de cette histoire. Une mémoire souvent plurielle, communautaire. L’enquête socio-historique de Sylvain Zorzin que nous publions, met l’accent sur le camps dit de Judes, dans la petite commune de Septfonds. Ses recherches minutieuses présentent à la fois les différentes étapes du réveil des mémoires du camp, et les conflits qui interviennent entre elles. Le camps de Septfonds, peu connu – à l’exception des tarn-et-garonnais – est un lieu où quatre mémoires s’opposent : espagnole, juive, polonaise et celle du village. Finalement, si l’internement des collaborateurs est l’objet d’une véritable omerta, un point commun rassemble ces oppositions : la prépondérance de la connaissance de l’internement espagnol. L’étude que mène Jacky Tronel en Périgord est également inédite. Les recherches sur cette prison à la fois camp d’internement, étaient demeurées jusqu’à ce jour dans l’ombre. A ces deux études, nous avons voulu mettre en lumière une période qui demeure souvent encore tabou dans les mémoires : celle de l’épuration en Tarn-et-Garonne. Un département pourrait-on penser comme tant d’autres, où le public nombreux assista aux défilés de femmes tondues, aux exécutions sommaires et légales, aux procès de collaborateurs locaux. Toutefois, quelques particularités sont à souligner. En effet, aux femmes tondues dont nous publions – ce qui est fort rare – deux photos inédites (l’une devant l’ancien cercle militaire de Montauban et l’autre au camp de Septfonds), Montauban, fut le siège d’une manifestation qui demeure, singulière, des hommes tondus. Preuve que la mise en scène de la tonte avait une symbolique asexuée qui était censée à la fois, punir, humilier et purifier la femme ou l’homme qui avait souillé ou trahi la Nation. A ces études historiques, la publication du parcours de Bernard Piquemal nous touche à plus d’un titre. Homme de conviction, il est l’un de ces derniers “ hussards noirs ” de la République qu’il nous est encore donné de croiser. Engagé auprès d’autres lycéens pour lutter contre la Révolution nationale, sa position se heurte rapidement à son désir d’agir plus, et plus vite. Il ne tarde pas à quitter son petit (...)

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