Arkheia, revue d'histoire

Edito

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°21

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Personne n’a oublié la violence de la tempête Klaus qui s’est abattue le 24 janvier 2009 sur le Grand Sud - Ouest ? À l’heure des comptes, le bilan est lourd : 12 morts, plus de 600 000 sinistrés et d’énormes dégâts matériels.

Au - delà des chiffres, il y a aussi une réalité humaine. Sans eau ni électricité, ni moyens de télécommunications, complètement coupées du monde, des milliers de personnes - parfois des villages entiers - ont découvert à quel point nous sommes vulnérables face aux catastrophes climatiques. Cette réalité, la revue Arkheia a souhaité l’explorer. Dans ce numéro, l’équipe éditoriale a consacré un dossier spécial aux caprices du temps survenus dans le Sud - Ouest, au siècle dernier. Et même si l’histoire ne se reproduit jamais deux fois à l’identique, ce qui d’emblée frappera le lecteur, c’est qu’une tempête semblable à celles de 1999 et de 2009 a entièrement englouti et détruit le Midi de la France, de façon plus dramatique encore.

Dans la nuit du 2 au 3 mars 1930, le Tarn, gonflé par des précipitations inouïes, submerge tout sur son passage. Première « victime » de cette inondation exceptionnelle, la cité d’Ingres, qui totalise 25 morts, un millier de maisons détruites et plus de 10 000 sans - abri. En une nuit, l’affluent de la Garonne poursuit son oeuvre, après avoir meurtri de nombreux villages dont les noms résonnent encore aujourd’hui comme autant de cités martyrs. C’est Moissac qui paie le plus lourd tribut : on dénombre 120 morts. Les 1 400 maisons détruites mettent à la rue plus de la moitié des habitants de la cité uvale. Ce chiffre nous laisse aujourd’hui encore sans voix. Comme le rappellent les climatologues, avec ces quelques 200 victimes, cette inondation est pour notre pays la « plus meurtrière du siècle ». Cet épisode sans précédent marque les mémoires. En Dordogne, les traces sont encore visibles sur les échelles de crues, ainsi que l’évoque l’onomasticien M. Rateau. Lorsque les villes sont à reconstruire, comme à Montauban, l’art déco se conjugue avec « l’art des crues »comme le rappelle Serge Martin. De la même façon, la maîtrise des cours d’eau n’est pas sans conséquences sur le destin de milliers de personnes obligées de tout quitter avant l’immersion totale de leur vallée. L’exemple de Bort - les - Orgues, étudié par l’anthropologue A. Faure, photographié par M. Gouvéia, en témoigne. Avec le barrage de Tuilières, Frédéric Gontier montre que de tels aménagements peuvent devenir, en temps de guerre, l’objet de véritables enjeux. Les cours d’eau du Sud - Ouest ont aussi contribué au développement économique du territoire. Yan Laborie rappelle que « vers 1850, le transport fluvial assurait 60% des échanges de marchandises entre Bergerac et Bordeaux ». Quant à Hélène Chaubin, elle brosse un portrait inédit de Philippe Lamour, (...)


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