Arkheia, revue d'histoire

Edito

Par Max Lagarrigue
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Azaña 3 /hors série
Auteur : est historien, journaliste directeur de la revue Arkheia, et coorganisateur des journées Manuel Azana. Il est notamment l’auteur de 99 questions... La France sous l’Occupation (CNDP, 2007), 1940, la France du repli (Privat, 2001).

(...) militants communistes incarcérés depuis septembre 1939 - le gouvernement Daladier ayant décidé, après le pacte germano-soviétique (23 août 1939), d’interdire la presse et les organisations communistes du pays pour endiguer le mouvement pacifiste et son corollaire défaitiste.

En ce 6 novembre 1940, les Montalbanais comme la majorité de l’opinion française, sont encore abasourdis par la défaite de l’armée franco-anglaise. La bataille de France et la déroute de Dunkerque ont scellé l’Armistice (22 juin). Le pays est toujours sous le choc. Les Français ont besoin d’être rassurés. Le Maréchal octogénaire projette l’image d’un père bouclier. En à peine vingt quatre heures, entre le 5 et le 6 novembre 1940, ce sont bien deux Républiques défuntes qui se font face. Celle née de la Révolution française n’est plus que l’ombre d’elle-même lorsqu’elle accepte de livrer ses réfugiés antinazis à l’Occupant (clauses de l’Armistice, à Rethondes) et de donner l’accolade à Hitler (Montoire, 24 octobre). Après avoir audacieusement lancé de grandes réformes (agraire, enseignement laïque, régionalisme), sa soeur aînée, de l’autre côté des Pyrénées, ne résiste pas non plus aux assauts conjugués de son propre camp et de ses détracteurs.

Coupée de tout soutien politique et de toute représentation, la disparition d’Azaña, à Montauban, marque symboliquement la Toussaint de cette seconde république espagnole, au funeste destin. Plus que tout autre, l’ancien Président qui faisait de la France sa « seconde patrie », aura été affecté par son sort. Si le destin de l’homme et de sa famille est tragique, il l’est tout autant en ce qui concerne son oeuvre.

Durant plus de 36 ans de franquisme, il a été banni des bibliothèques et des manuels scolaires, voire de la mémoire collective espagnole. C’est finalement faire oeuvre de justice morale et intellectuelle que de lui consacrer, depuis désormais quatre ans, ces journées et ces actes. Les écrits de ce grand intellectuel francophile, aujourd’hui au coeur des vifs débats qui animent l’Espagne de Zapatero, sont méconnus dans la patrie des Lumières. Pour combler cette lacune, l’association Présence de Manuel Azaña, son président Jean-Pierre Amalric et les éditions Arkheia, ont entrepris un travail fondamental de recherches, de rencontres et de traductions.

C’est cette oeuvre puissante et clairvoyante, trop souvent réduite à quelques citations lapidaires, (faute de traductions disponibles en Français), que le troisième opus des actes, consacrés à la question laïque, tente d’aborder avec le concours des meilleurs spécialistes hexagonaux et espagnols.

Le Président du Conseil Général de Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet ne s’y est d’ailleurs pas trompé. En même temps qu’un soutien continu à l’organisation de ces journées, son choix en fin cette d’année 2009 de baptiser le (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Pierre Lefranc avait ses attaches en Corrèze
Pierre Lefranc est mort. L’un des barons du gaullisme s’est éteint le 7 janvier 2012. L’occasion pour Arkheia d’exhumer de ses archives l’entretien qu’il nous avait accordé dans notre numéro 7-8-9 dédié au gaullisme et à l’antigaullisme dans le Sud-Ouest. (n°7-8-9). Notre correspondant en Corrèze Gilbert Beaubatie nous rappelle également que l’ancien résistant gaulliste avait ses attaches dans le Sud-Ouest, plus particiulièrement à Brive.
Les Hommes politiques du Sud-Ouest
Le RPF dans le Sud-Ouest, 1947-1955 Quand Chaban s’empare de la mairie de Bordeaux en 1947, l’événement constitue une belle victoire pour le RPF, fondé par de Gaulle quelques mois plus tôt. Cependant, la ville n’est pas représentative du (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia