Arkheia, revue d'histoire

Edito

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°22

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Dix ans déjà ! Une décennie que la revue Arkheia, créée au sein du musée de la Résistance et de la Déportation de Montauban autour d’une petite équipe de bénévoles (Pascal Caïla, Jacques Latu et l’auteur de cet édito), a pris son envol. Une folie, pensaient certains au vu de l’ambition éditoriale affichée dès les premiers numéros. Ne citons ainsi que la publication inédite des mémoires de la Résistante tarn-et-garonnaise Marie-Rose Gineste, celle du déporté-résistant moissagais Claude Campanini ou encore du jeune proto-résistant montalbanais de la Phalange anti-nazie Bernard Piquemal. Des témoignages uniques qui servent aujourd’hui de matériaux tant pour les chercheurs que les enseignants. Dans la foulée paraissaient les premières enquêtes rendues possibles par l’ouverture du fonds Ressigeac-Féral : une mine pour les historiens d’Arkheia qui ont ainsi pu confirmer ou infirmer les trames d’une histoire complexe à l’instar de « L’affaire du Fau. »

Dans le même temps, l’équipe éditoriale s’est enrichie avec l’arrivée d’enseignants montalbanais (Olivier Andrieu et Quynh Martin), de correspondants régionaux (Gilbert Beaubatie et Françoise Jarrige) d’historiens (Guillaume Bourgeois, Jacky Tronel, Cédric Gruat et Guillaume Gros) et de graphistes (Aymone Lagarrigue puis Pascal Mouisset). Ainsi après Gaullisme et anti-gaullisme dans le Sud-Ouest auquel participèrent de grands noms tels Serge Berstein, Jean-Pierre Rioux ou Maurice Agulhon, suivit l’ambitieux dossier de Vichy, Etat occitan ? Coordonné par Emmanuel Le Roy Ladurie, ce numéro, comme souvent, ne fut pas d’emblée accueilli avec une grande chaleur notamment par la communauté occitaniste. Et pourtant, ce dossier démontrait sous les plumes de Michel Roquebert, d’Alain Chatriot, Philippe Martel ou encore Eric Alary que le gouvernement de Vichy ne parvint et n’eut jamais la véritable volonté de reposer son autorité sur ce territoire et ses traditions.

La force éditoriale d’Arkheia repose aussi, sans doute, sur le grand éclectisme des sujets abordés et la réactivation de mémoires ou d’histoires méconnues ou tout simplement oubliées. « La Joconde » hébergée au musée Ingres entre 1940 et 1942, le repli des populations Belges fuyant la Wehrmacht faisant du Sud-Ouest une petite Belgique, le sort du président de la République espagnole exilé et décédé dans une chambre de l’hôtel du Midi (Montauban) ou celui du peintre Boris Taslitzky, interné au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe. Des sujets tabous comme les exécutions sommaires avant la Libération étudiés en Dordogne autour du cas Doublemètre ou celui encore des femmes tondues d’août 1944. La liste serait encore longue tant le fond d’Arkheia s’est aujourd’hui densifié.

Et pourtant chaque parution est toujours un défi en soi tant il faut mobiliser d’énergie pour collecter les meilleures contributions, (...)


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