Arkheia, revue d'histoire

Edito

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Arkheia 23-24

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Les sociétés humaines ont-elles été conçues pour les temps de crise ? Arkheia traite cette question à travers une réflexion sur l’ordre. D’abord un épisode-clé du xixe siècle, le coup d’État de 1851, décrit en Tarn-et-Garonne par Jean-Paul Dammagio. La tranquille aspiration à la République, inaugurée par une révolution qui ne put surmonter ses contradictions, déboucha sur une brutale réaffirmation de l’autorité politique. La révolution, le temps d’une saison. Mai-68, pénible retour aux exigences de l’ordre dans le regard de ceux qui furent des lycéens ou de jeunes travailleurs montalbanais. Moment de fête et de subversion du réel ! L’épuration sauvage ou l’appropriation par la foule de sa part de violence. Cécile Vaissié se penche sur une étrange affaire : des autorités autoproclamées improvisèrent des procès expéditifs et des exécutions à Cahors. Suivant José Cubéro, le long de la vallée pyrénéenne de la Batsurguère, nous entrons dans un espace immobile, guère troublé par Vichy et par l’occupation. Arrive l’an 1944, et voici que le microcosme se met à bouillir, compte ses meurtres. Parallèlement à la restauration des pouvoirs dans le Sud-Ouest, une petite république soviétique prend pied en Dordogne autour des contingents russes et géorgiens intégrés à la Résistance. Situation classique de ces années de l’entre-deux-ordres : à l’État de droit se superpose l’état de fait – ailleurs, les Anglais ou les Américains – ici l’armée Rouge, mélangée aux FTP, très sûre d’elle et dominatrice. Parmi ces hommes, une princesse Volkonskaïa, croquée par Hervé Dupuy, personnage qui semble appartenir au monde de la dissimulation et du renseignement.Nous parvenons à l’échelon des personnalités. Manuel Azaña, président de la République espagnole, mourut dans cette oppressante solitude montalbanaise décrite par Gérard Malgat. D’abord bafouée, son autorité s’était évaporée ; ne lui collait plus à la peau que la poisse des perdants. Un tout autre malheur frappa Jean Rounault, insolite Roumain de Transylvanie dont Jean-Louis Panné retrace le parcours. De retour à Bucarest après avoir fréquenté les milieux de la Résistance à Toulouse, il est raflé par les Soviétiques puis conduit dans une mine d’Ukraine où l’ordre reposait sur l’esclavage des goulaguiens. Si le travail forcé exista sous une forme plus douce, sa traduction française n’en reste pas moins affligeante – en furent victimes ces travailleurs espagnols et « palestiniens » dont Jacky Tronel ressuscite la vie au camp de Mauzac. Armand Fallières représente une variante plus optimiste, en tant que contradicteur de l’ordre : il fut ce président abolitionniste cerné par Marie Bardiaux-Vaïente. Quant à Trotsky, qui ne vint jamais troubler l’ordre en Corrèze, la rumeur de son passage relève, selon Gilbert et Yannick (...)

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