Arkheia, revue d'histoire

Édito

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Max Lagarrigue

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« Je n’ai jamais su pour ma part et je ne sais toujours qu’un moyen, un seul, de bien comprendre, de bien situer la grande histoire. C’est d’abord de posséder à fond, dans tout son développement, l’histoire d’une région, d’une province. » Lucien Febvre [1]

Dès sa constitution au mois de Décembre 1998, l’association Arkheia avait pour ambition première de mettre en place un projet éditorial. Dans le no man’s land tarn-et-garonnais, cette ambition pouvait apparaître irréalisable, insurmontable, que sais-je encore. Le premier numéro que nous livrons aujourd’hui est le fruit d’une équipe qui je l’espère résistera au temps et résistera tout court. Une équipe où se côtoient chercheurs confirmés et érudits, jeunes diplômés de l’université et enseignants, historiens et témoins de l’histoire. Bref, un métissage d’idées, de travaux qui laisse place aux particularismes tout autant qu’à l’esprit de groupe...une revue qui nous le souhaitons, apportera du neuf, amènera le débat. En somme, la revue Arkheia, soutenue par les activités de l’association, se veut au sens grec du terme une agora. Un forum où chacun pourra extraire ou introduire des informations d’actualité sur notre département et notre région.

Deux étudiants de l’université Toulouse-Le-Mirail pour ce premier numéro se sont mis à l’ouvrage. A l’heure où le compte à rebours européen arrive presque à son terme, Robert Cocchio s’est livré dans la continuité de sa maîtrise de géographie, à une étude sur les liens et les implications de l’Union Européenne avec notre département. S’il ressort de cette analyse que le Tarn-et-Garonne est pour l’instant le parent pauvre de ces relations, Patrice Garesio en complément de cette enquête présente une analyse démographique fouillée du département de 1808 à 1999.

L’analyse démographique de Garesio est un bel adjuvant aux recherches menées depuis quelques temps par Michel Florens qui n’omet pas de rappeler que le Tarn-et-Garonne a payé d’un lourd tribu humain sa participation aux premiers combats des tranchées de 1914. Si l’article de M. Florens rompt quelque peu - pour reprendre les mots de Pierre Laborie [2] - le silence d’une mémoire qui disparaît avec ces derniers acteurs, notre article tente de briser la mémoire du silence autour d’un homme, Félix Stotz, chef de la Gestapo de Montauban de janvier à août 1944. Il ressort de cette analyse que la mémoire collective et certains historiens ont rapidement attribué à la seule division S.S. Das Reich l’ensemble des atrocités commises dans le département. La réalité est plus complexe. Le sanguinaire Stotz, plus qu’un exécutant servile, met en place un service de renseignement local d’une efficacité redoutable. Si la Résistance paie le prix de son engagement, la population civile fait aussi les frais d’une tactique de terre brûlée qui laisse une cohorte de victimes (...)


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