Arkheia, revue d'histoire

Edito

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Azana 1/ Arkheia n°19 hors série
Auteur : Max Lagarrigue est historien,directeur-fondateur de la revue Arkheia et co-fondateur des journées Manuel-Azaña.

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Depuis sa fondation, la revue Arkheia s’est intéressée à l’exil espagnol et, plus particulièrement au sort du président de l’infortunée république, Manuel Azaña, qui parvint à gagner Montauban en mai 1940. En résidence surveillée dans une chambre de l’hôtel du Midi ( aujourd’hui l’hôtel Mercure ), il pensait pouvoir rallier le Mexique ; tourmenté, fatigué par les multiples refus opposés à son départ par les représentants locaux du gouvernement de Vichy, il fut finalement emporté par une embolie cérébrale, le 3 novembre 1940. Bravant l’interdiction préfectorale d’arborer tout drapeau républicain à l’occasion de ses obsèques, une foule d’environ 3 000 personnes l’accompagna jusqu’au cimetière communal. Ce n’est d’ailleurs que plusieurs mois plus tard, en février 1941, que ses proches purent enfin l’inhumer dans le caveau où il repose depuis. Sa tombe est devenue au fil du temps un lieu de mémoire et de recueillement, un symbole de cette république espagnole défunte et toujours vivante dont la cité montalbanaise peut légitimement se dire fière. Gageons qu’un jour proche, le chef du gouvernement espagnol, José-Luis Zapatero, fidèle au souvenir d’Azaña à travers sa propre histoire familiale, acceptera de participer en personne et en Tarn-et-Garonne aux célébrations de l’anniversaire de la disparition du dernier président de la République espagnole. Ce voyage symbolique est attendu depuis longtemps par des milliers de républicains exilés dans notre Sud-Ouest et il aurait sans doute une valeur positive en cette période où les actions commémoratives se polarisent essentiellement sur le macabre inventaire des charniers de la répression franquiste. C’est en tout cas pour célébrer cette mémoire toujours vive qu’Arkheia a renouvelé son soutien aux journées qu’elle avait portées en 2004 sur les fonts baptismaux. Dans le but d’aller encore plus loin, elle a passé le flambeau à une toute nouvelle association, Présence deManuel Azaña (France ), conduite par le professeur Jean-Pierre Amalric. En historien, Jean-Pierre Amalric s’intéresse depuis de longues années à la réhabilitation de la dimension politique et intellectuelle du défunt président. Présence de Manuel Azaña a depuis solennellement lancé, en novembre 2006, les Journées Manuel Azaña, manifestation alternant colloque historique, commémoration et spectacles culturels. Après le succès de sa première initiative, qui avait réuni un important public au théâtre municipal Olympe-de-Gouges de Montauban, public qui s’était ensuite rendu nombreux sur la tombe de l’ancien chef d’État, l’association Présence de Manuel Azaña décida de rendre régulière cette manifestation. Naturellement, la revue Arkheia poursuit sa collaboration en éditant les actes du premier colloque international de l’association Présence de Manuel Azaña, tenu en novembre 2006, sur le thème (...)

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