Arkheia, revue d'histoire

Enfants juifs cachés dans le Tarn et le Gers 1940-1944

Par Limore Yagil
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Article publié dans
Arkheia 25-26-27
Auteur : maître de conférences à l’université d’Haïfa

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les départements du Gers et du Tarn furent des terres de refuge qui accueillirent et protégèrent de nombreux enfants juifs. Une spécificité qui tient notamment à une tradition ancienne d’aide et d’hébergement de la part de leurs populations locales.

Le Gers mérite bien l’appréciation de terre d’accueil. Par sa situation géographique particulière, ce département fut en effet, à partir de 1940, un important havre de paix pour de nombreux Juifs. Jusqu’en novembre 1942, le Gers se trouva en zone libre, la ligne de démarcation passant dans les Landes à une trentaine de kilomètres à l’ouest. Ce département ne fut pas une zone de maquis ni de rébellion spontanée. On n’y trouvait pas d’usines d’armement ni de nœuds ferroviaires pouvant servir les mouvements de résistance. Par ailleurs, en raison de la vocation agricole du pays gersois, la polyculture (élevage, culture du blé, du maïs, de la pomme de terre…) put suffire largement aux besoins locaux, ce qui facilita le ravitaillement.

En fait, depuis les années 1920, le Gers fut une terre d’accueil pour les immigrés et réfugiés italiens et espagnols, ainsi que pour les enfants abandonnés et délaissés de la Gironde. Bien que n’étant pas frontalier avec les Pyrénées, l’existence d’une forte communauté d’immigrés d’origine italienne et espagnole a encouragé les réfugiés à s’installer dans ce département. Lorsque la guerre d’Espagne éclata en juillet 1936, la population ne resta pas indifférente face à la tragédie qui se déroulait de l’autre côté de la frontière. Aussitôt les actes collectifs de solidarité se multiplièrent au même temps que s’organisèrent des comités d’entraide. Des organismes spéciaux dédiés à la cause républicaine furent créés, notamment la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) qui s’efforça également de médiatiser les événements d’Espagne. Toutes les municipalités ne répondirent pas favorablement à ce mouvement, mais à Mirande, Miélan, Lavacan, Fleurance, Vic-Fezensac, Condom ou Lombez, les Républicains espagnols furent hébergés chez les habitants, dans les presbytères, les usines, les hospices, les hôpitaux et même dans les châteaux reconvertis en centres d’accueil. Ce sont ces mêmes modalités de solidarité qui fonctionnèrent en faveur des étrangers et des Juifs à partir de 1940.

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