Arkheia, revue d'histoire

Entretien avec Michel Taubmann pour Femmes de prêtres

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°11-12-13
Auteur : Max Lagarrigue est historien, journaliste, directeur-fondateur de la revue Arkheia.

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Le célibat et les femmes de prêtres, Michel Taubmann, journaliste à Arte, lance le débat dans un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Stock. Chef du bureau parisien d’Arte Info, Michel Taubmann vient de faire paraître aux éditions Stock un ouvrage sur les « Femmes de prêtres ». Ce journaliste s’était déjà fait remarquer pour son travail historique sur le maquisard communiste Georges Guingouin (« L’Affaire Guingouin » (ed. L. Souny, 1994) dont le documentaire fut diffusé dans l’émission Les Brûlures de L’Histoire (France3, 2001). Sans complaisance, ni rancœur, il publie aujourd’hui un ouvrage remarqué et fouillé sur le tabou de l’Église catholique : le non-respect du célibat des prêtres et leurs femmes.

Max Lagarrigue : De Guingouin aux femmes de prêtres, comment vous est venue l’idée de traiter ce sujet ?

Michel Taubmann : « Tout d’abord, j’ai toujours été intéressé à la fois par les questions de religion et de société. En tant que journaliste à Arte, j’ai été amené à m’intéresser au sujet lors d’un reportage sur « Plein jour », une association qui rassemble des femmes de prêtres. J’ai gardé le contact avec plusieurs de ces personnes et finalement, de fil en aiguille, ce reportage télé est devenu un projet de livre. »

- Comment s’est déroulée votre enquête ?

« Tous les entretiens que j’ai eu avec des prêtres ou leurs femmes se sont déroulés dans le plus grand secret. Pour obtenir la confiance des témoins, j’ai été obligé de modifier les noms et les lieux des personnes impliquées. »

- Comment avez-vous construit votre ouvrage ?

« J’ai inscrit mon travail dans le temps, en réalisant une partie historique pour expliquer le célibat des prêtres de ses origines à nos jours. Ensuite, le bilan de mes recherches m’a conduit à aller à contre-courant. En effet, l’idée communément admise sur le sujet est de dire que le célibat des prêtres est dû à une question matérielle, celle de ne pas voir les biens des prêtres dilapidés par leurs progénitures. Mon postulat est tout autre ; la raison de fond est, à mon avis, théologique. L’église a une conception qui relève du sacré pour ses prêtres. Depuis le IIIe siècle, le clergé a voulu que ses représentants ne soient pas identiques au commun des fidèles. »

- Le sacré donc… ?

« Ma thèse c’est que l’obligation au célibat des prêtres qui n’est pas dans le judaïsme, est apparue avec le monachisme. L’idéal du moine qui fait vœu de chasteté et remplace le martyr, est devenu une référence. Il y a une confusion entre le choix du moine et celui du prêtre. L’église a finalement étendu le mode de vie spécifique des moines à l’ensemble du corps ecclésiastique. Cette règle obligatoire n’est d’ailleurs observée que dans l’église catholique romaine. En effet dans le judaïsme, tout comme (...)


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