Arkheia, revue d'histoire

Espagnols et « Palestiniens » du 652e GTE à Mauzac

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Arkheia 23-24
Auteur : Jacky Tronel est coordinateur de la rédaction de la revue Arkheia et attaché de recherche à la fondation Maison des sciences de l’homme.
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(...)  ». L’article 9 souligne qu’ils seront employés « à l’exécution de tous travaux nécessités par les besoins du département de la défense nationale » ; et enfin, article 12, qu’ils « seront soumis aux règles de discipline générale en vigueur dans l’armée ». Le statut de « prestataires » leur vaut d’être incorporés dans des unités de prestataires militaires étrangers, désignées sous le nom de compagnies de travailleurs étrangers (CTE), d’environ 250 hommes chacune, commandées par des officiers français. Les Espagnols sont à ce point majoritairement représentés dans les compagnies de travailleurs étrangers qu’elles prennent très souvent le nom de « compagnies de travailleurs espagnols ».Le 17 octobre 1939, Édouard Daladier, président du Conseil et ministre de la Défense nationale et de la Guerre, exprime l’intention « de constituer, avec une partie des Espagnols qui se trouvent encore dans les camps du Sud-Ouest, un certain nombre de compagnies d’ouvriers de renforcement appelées à être utilisées dans les établissements constructeurs et poudreries ». Le directeur du Bureau central des constructions sollicite le préfet de Tarn-et-Garonne, Albert Durocher, en vue d’obtenir de la main-d’oeuvre qualifiée provenant du camp de Septfonds : « J’ai besoin de chefs d’équipes et de surveillants pour travaux de bâtiments, de métreurs, de comptables, de maçons, serruriers, charpentiers et aussi de grosse main-d’oeuvre pour travaux de terrassements et de manutention. Je fais construire, en toute hâte, des cantonnements bien installés, avec pavillons garnis de lits, lavabos, WC bien aménagés, réfectoires spacieux, etc. Nul doute que beaucoup de réfugiés n’y trouvent, avec un travail assuré, une vie suffisamment confortable », lui écrit-il le 6 novembre 1939.En décembre 1939, la 134e compagnie de travailleurs espagnols, commandée par le capitaine d’Huteau, réside à Mauzac. Elle est bientôt rejointe par les 18 e et 19 e compagnies de travailleurs espagnols, dont l’effectif, en août 1940, est de 413 hommes. Faute de logements disponibles, la main-d’oeuvre est provisoirement « parquée » dans des wagons de marchandises stationnés en gare de Mauzac. Les wagons servent de dortoirs de fortune et sont loués par la SNCF au prix de 20 francs par jour, « tarif dégressif après les deux premiers mois ». Par la suite, des baraquements sont installés sur une parcelle ayant appartenu au dénommé Maury, d’où le nom de « camp Maury » donné au cantonnement de travailleurs espagnols qui l’occupe.

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