Arkheia, revue d'histoire

Espagnols et « Palestiniens » du 652e groupe de travailleurs étrangers à Mauzac

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est attaché de recherche à la Fondation Maison des sciences de l’homme (Paris), coordinateur de rédaction de la revue d’histoire Arkheia.

(...) l’utilisation des étrangers […] bénéficiant du droit d’asile » qui précise, dans son article 7, qu’ils « seront groupés en formations de prestataires dont l’organisation sera fixée par le ministre de la défense nationale et de la guerre » et qu’« exceptionnellement [ils] pourront faire l’objet d’affectations individuelles ». L’article 9 souligne qu’ils seront employés « à l’exécution de tous travaux nécessités par les besoins du département de la défense nationale » ; et enfin, article 12, qu’ils « seront soumis aux règles de discipline générale en vigueur dans l’armée ». Le statut de « prestataires » leur vaut d’être incorporés dans des unités de prestataires militaires étrangers, désignées sous le nom de compagnies de travailleurs étrangers (CTE), d’environ 250 hommes chacune, commandées par des officiers français. Les Espagnols sont à ce point majoritairement représentés dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers qu’elles prennent très souvent le nom de « Compagnies de Travailleurs Espagnols ».

Le 17 octobre 1939, Édouard Daladier, président du Conseil et ministre de la Défense nationale et de la Guerre, exprime l’intention « de constituer, avec une partie des Espagnols qui se trouvent encore dans les camps du Sud-Ouest, un certain nombre de compagnies d’ouvriers de renforcement appelées à être utilisées dans les établissements constructeurs et poudreries ». Le directeur du bureau central des constructions sollicite le préfet de Tarn-et-Garonne, Albert Durocher, en vue d’obtenir de la main-d’œuvre qualifiée provenant du camp de Septfonds : « J’ai besoin de chefs d’équipes et de surveillants pour travaux de bâtiments, de métreurs, de comptables, de maçons, serruriers, charpentiers et aussi de grosse main-d’œuvre pour travaux de terrassements et de manutention. Je fais construire, en toute hâte, des cantonnements bien installés, avec pavillons garnis de lits, lavabos, WC bien aménagés, réfectoires spacieux, etc… Nul doute que beaucoup de réfugiés n’y trouvent, avec un travail assuré, une vie suffisamment confortable », lui écrit-il le 6 novembre 1939.

Le directeur de l’entreprise corrézienne Pinardel Père & Fils fait également connaître ses besoins en main-d’œuvre. Il adresse sa requête au préfet de Tarn-et-Garonne : « J’exécute d’importants travaux pour des usines dépendant du ministère de l’Air, ministère de l’Armement notamment aux Poudreries nationales de Mauzac (Dordogne), Camp de la Martinerie à Châteauroux, Manufacture d’armes à Tulle, Usine de la Marque à Tulle, etc… ». Il joint à son courrier du 3 janvier 1940 une liste nominative d’ouvriers qualifiés et demande au préfet qu’il leur permette de quitter le camp de Septfonds.

En décembre 1939, la 134e compagnie de travailleurs espagnols, commandée par le capitaine d’Huteau, réside à Mauzac. Elle est bientôt (...)



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