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Famine en Ukraine ( Holodomor) : vous avez dit « négationnisme » ?

Par Stéphane Courtois
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur est directeur de recherches au CNRS. Auteur de nombreux ouvarges sur le communisme français et international dont Le Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997).
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(...) surcroît, Mme Lacroix-Riz ignore tout autant les nombreux travaux tirés des archives soviétiques, synthétisés tant par Nicolas Werth dans Le Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997 [chap. 8 : « La grande famine »]) que par Françoise Thom (Quand tombe la nuit, L’Âge d’homme, 2000 [chap. 12 : « La “dékoulakisation” et la famine »]). Elle ignore plus encore les innombrables ouvrages en langue anglaise, à commencer par le classique de Robert Conquest, Sanglantes moissons (Robert Laffont, 1995). À propos, Mme Lacroix-Riz est-elle au courant que le fameux journaliste américain Walter Duranty, qui avait reçu le prestigieux prix Pulitzer précisément pour ses reportages « remarquablement informés » sur l’URSS en 1933, est l’objet aux États-Unis d’une forte campagne réclamant que le prix lui soit retiré post mortem : les archives soviétiques révèlent qu’il était très grassement payé pour écrire ces contrevérités notoires.

Alain Besançon, dans son remarquable ouvrage sur le Malheur du siècle – le XXe – (Fayard, 1998), s’interrogeait sur les raisons qui, en France, ont présidé à une hypermnésie des crimes du nazisme et à une amnésie des crimes du communisme. Il aura ici un début de réponse : pour des raisons qui semblent de toute évidence politiques et idéologiques, certains enseignants chargés de former les jeunes générations pratiquent une euphémisation et une dénégation qui relèvent du négationnisme.

NOTES
- Cet article a été publié une première fois dans la revue Le Meilleur des mondes, n°1, Paris, Denëol, 2006.

- Les photos et archives sont extraites du site : Gareth Richard Vaughan Jones 

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  • Merci d’avoir fait cette mise au point claire et sans bavure, que l’on ne trouve guère ailleurs sur le net, hélas. Cette dame bénéficie de l’ignorance de la majorité des médias, et d’une grande complaisance de la part de certains d’entre eux qui croient sans doute que c’est être de gauche que de défendre la légende dorée d’un régime criminel. Que quelqu’un puisse être prof dans une université française en dépit d’un tel aveuglement idéologique et d’un tel manque de méthode (que l’on ne pardonnerait pas des étudiants de master 1 !) en dit long sur l’état de notre université. L’histoire a besoin de gens comme vous pour faire du boulot sérieux puisqu’on ne le fait pas dans toutes les facs : merci encore, continuez comme cela.
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