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Félix Stotz : itinéraire oublié et meurtrier du chef de la Gestapo de Montauban

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°1
Auteur : Max Lagarrigue, historien et directeur-fondateur de la revue Arkheia.

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Qui se souvient dans notre département des tortures infligées à de « courageux patriotes » dans les caves froides du 3 Faubourg du Moustier à Montauban, des représailles mortelles contre le maquis de Montricoux le 17 juillet 1944, de l’instigateur des pendus de la place des Acacias le 24 juillet 1944, ou de l’assassinat gratuit de trois ouvriers agricoles dans la commune de Montbeton le 18 août 1944 ?

Il est assez surprenant que le nom et l’itinéraire de ce zélé gestapiste soient complètement absents de la mémoire locale. Comme si la sauvagerie des crimes surpassait leur auteur, comme si pour oublier ces atrocités, la mémoire collective préférait commémorer l’événement et oublier jusqu’au nom de son bourreau.

« Cet homme est le type absolu de l’Allemand : attitude figée, maîtrise de soi, visage dur, cruel même. De tous ceux qui défilent devant le tribunal militaire, l’accusé est l’un des plus spécifiquement germanique. Si l’on croit à l’influence du moral sur le physique, il n’est point étonnant que Stotz ait commis les crimes qui lui sont reprochés ». [1]

Si la description du journaliste de la Dépêche de Toulouse, au procès de Stotz, est caricaturale, elle n’en confirme pas moins les marques indélébiles que ce tortionnaire a laissé dans le département. Il nous appartient donc d’essayer d’en éclairer le parcours.

Qui est vraiment Stotz

Né à Strasbourg le 11 juin 1909, Félix Stotz est d’origine allemande, il semble exercer un temps la profession de relieur dans la commune allemande d’Ulm où jadis les armées napoléoniennes avaient écrasé les Autrichiens. Il a à peine 20 ans lorsqu’il rentre dans la police urbaine de Stuttgart où déjà son zèle semble le propulser rapidement dans les services de la section de contre-espionnage. Dès 1933, alors qu’il n’est âgé que de 24 ans il est affecté à la police criminelle. Fort de ses connaissances acquises dans les services du contre-espionnage, il est nommé à la frontière franco-allemande. Il assure là la surveillance de la construction de la ligne Siegfried. [2] Durant cette fonction, il perfectionne son apprentissage de tortionnaire. Soutenu par un régime qui en a fait la pierre angulaire de sa politique, il exerce avec zèle cette tâche.

Ce n’est qu’après la drôle de guerre et cette étrange défaite dans une France exsangue que Stotz, muté au service de la sûreté des armées de Paris, commence à exercer ses "talents". Premier terrain d’expérimentation, la terre francilienne le fait passer au rang d’expert. Il lui faut néanmoins attendre l’invasion de le zone sud dans une France qui se croit encore libre pour prendre en main les fonctions que nous lui connaissons dans la région. Un temps dans le Lot-et-Garonne, il est finalement nommé dans les services de la Gestapo de Toulouse. C’est dans la ville rose avec l’aide efficace des services de la 8e brigade de (...)


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