Arkheia, revue d'histoire

Femme d’action, femme résistante. Marie-Rose Gineste, Juste parmi les Nations

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Max Lagarrigue est historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia. Auteur de nombreux ouvrages dont 99 questions... sur les Français durant l’Occupation, CNDP, 2007 ; 1940, la France du repli (Privat, 2000) ; 1940, la Belgique du repli (Hainaut, 2005).

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Après la publication des mémoires inédites de Marie-Rose Gineste dans un précédent numéro d’Arkheia, nous avons voulu donner un éclairage biographique sur l’une des rares actrices de la résistance régionale qui peut encore témoigner de l’action menée par Mgr Théas, évêque de Montauban. Marie-Rose Gineste du haut de ses 91 ans est une discrète montalbanaise. Peu sont ceux qui ont eu l’opportunité de la croisée dans les rues de la cité d’Ingres et qui savent quelle fut son activité exemplaire. Responsable des organisations Liberté, dès 1940, de Combat et de Témoignage Chrétien, elle fut toujours en première ligne. C’est elle qui, a la demande de Théas, parcourue à bicyclette le Tarn-et-Garonne pour distribuer son appel contre les rafles antisémites d’août 1942.

QUI EST DONC CETTE FEMME D’EXCEPTION ?

Née le 10 Août 1911 à Canals (Tarn-et-Garonne), Marie-Rose Gineste est issue d’une modeste famille paysanne. Un temps couturière à Montauban, elle est vite sensibilisée par le syndicalisme. Dès 1934, elle fonde une Union Départementale de la CFTC dont elle est secrétaire en 1935. Principale animatrice du secrétariat social et des assurances de la famille toulousaine sis au 64, faubourg du Moustier, elle débute son activité clandestine dès le mois d’août 1940. Réalisant d’abord de faux papiers, elle facilite le passage de la ligne de démarcation à un certain nombre de Belges qui souhaitent rentrer dans leur pays. “ C’est à cette occasion que je fis les premiers faux papiers, changeant des noms et des dates et des lieux de naissance, pour tromper les allemands. ” témoigne Melle Gineste. “ Je le fis sous la dictée du père, Jan Boon. C’était mon premier acte de résistance ”.

CHEF DES PREMIERS GROUPE DE LA RESISTANCE

Dès octobre 1941, contactée par le Dr Parent, responsable régional du mouvement Liberté, qu’elle a rencontré aux réunions des semaines sociales de France, Marie-Rose Gineste accepte de constituer un groupe clandestin de ce mouvement à Montauban. Elle en prend naturellement la direction départementale. Une réunion au 22, rue Saint-Louis (aujourd’hui rue de la Résistance), rassemble le premier noyau du mouvement Liberté : Melle Colombani – enseignante au lycée Michelet - et sa mère, Mme Saint-Flour, Louis Rouère. En ces temps incertains, l’activité du groupe est réduite à la distribution des journaux clandestins : “ Liberté et Vérité ”. A partir de novembre, Melle Gineste est contactée par Louis Cravillier, fondateur de Témoignage Chrétien, et désignée responsable départemental de cette organisation, fonction qu’elle assure jusqu’à la Libération.

A LA DIRECTION DE COMBAT

A peine, ces deux dernières organisations sont-elles mises en place dans le département que le Dr Parent, fin janvier 1942, prend à nouveau contact. Il lui annonce la fusion des mouvements Liberté et Vérité (...)


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