Arkheia, revue d'histoire

Femme d’action, femme résistante. Marie-Rose Gineste, Juste parmi les Nations

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Max Lagarrigue est historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia. Auteur de nombreux ouvrages dont 99 questions... sur les Français durant l’Occupation, CNDP, 2007 ; 1940, la France du repli (Privat, 2000) ; 1940, la Belgique du repli (Hainaut, 2005).

(...) diffusent la propagande clandestine dans les localités avoisinantes. En juillet 1942, après la perquisition de son domicile par la police française, Melle Gineste se déleste en partie de ce service et Raymond Tournou prend les commandes. C’est probablement dans le service social d’abord de Combat puis de l’AS et enfin des FFI que Marie-Rose Gineste excelle. “ Mon rôle consistait à visiter les familles des maquisards pour m’enquérir de leur situation sociale en l’absence de celui qui vivait au maquis et à apporter une aide financière ” confie t-elle. Elle aide plusieurs condamnés en correctionnelle pour propagande tels Pierre Durand, Émile Chaubet à Moissac. Leur défense devant le tribunal fut assurée part des avocats amis de Me Veaux. Les fonds étaient fournis par Léon Hamon.

UN ATELIER DE FAUX-PAPIER

A la demande de Mgr Théas, elle diffuse à plusieurs reprises, seule et clandestinement, les prises de position de l’évêque (cf. notre encadré). Son travail clandestin à l’Évêché ne s’arrête pas à cette diffusion, elle est chargée par Mgr Théas, du camouflage des enfants et des adultes Juifs, soit dans les couvents du département, soit chez des particuliers, et de leur procurer des faux papiers et des cartes d’alimentation. Au début, les faux papiers ainsi que les cartes d’alimentation proviennent de Toulouse où elle se rend périodiquement. A partir de mai 1943, elle établit dans le bureau du Secrétariat social une véritable fabrique avec tout un outillage ad hoc. Dans cette tâche, elle est aidée par deux jeunes israélites : Armand Altkimoff dit Bigle et René Klein dit Chibiague. Elle met en place un véritable stock de cartes en blanc et dispose d’une vingtaine de faux cachets de commissariat de police, mairie, préfecture, des permis de circuler de diverses provenances, des ponts-et-chaussées en particulier, ainsi que des Ausweiss parfaitement imités.

LE CAMOUFLAGE D’AGENTS ANGLAIS

Durant un mois de décembre 1943 à janvier 1944, Melle Gineste héberge également, à son domicile, un poste émetteur clandestin avec un agent radio anglais de l’Intelligence Service. Quelques semaines plus tard, “ il me fut demandé ” pour l’organisation Française “ d’héberger des aviateurs anglais, canadiens et américains. Ces aviateurs avaient eu leur avion abattu en Belgique ” témoigne t-elle. Soulignons que toutes ces activités de camouflage se font au son domicile qui est à quelque pas du siège de la Gestapo et de la Milice. Responsable du service social des maquis de la rive gauche de la Garonne, Marise-Rose Gineste continue durant tout l’été 1944 ses activités en jouant les agents de liaison entre le capitaine Andrieu, alias Didier, du 2ème bureau de l’état-major FFI et Altkimoff passé à Moissac, dans la 12e Compagnie AS. Pour ce dernier, elle transporte des explosifs destinés à être remis au chef Peretti, qui procéde au sabotage (...)


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