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Histoires particulières par Max Gallo

Par Guillaume Gros
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Article publié dans
Critiques de livres
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(...) vain, de publier 6 manuscrits de roman, rédige alors dans sa propre collection « Vécu » ce qui devient un best-seller mondial, Au nom de tous les miens (1971), l’histoire de Martin Gray. C’est le déclic sur le plan de l’écriture. La « machine » Gallo tourne alors à plein régime. Sa boulimie d’écriture n’empêche pas l’historien de faire de la politique adhérant au Parti socialiste, en 1974, puis défiant Jacques Médecin sur ses propres terres. Elu député en 1981, Max Gallo remplace Mitterrand dans sa chronique de l’Unité (hebdo du PS) avant d’être propulsé secrétaire d’Etat et porte parole du gouvernement Mauroy en 1983. Refusant la logique des courants, il se rapproche de Jean-Pierre Chevènement « incarnation d’un patriotisme républicain » contribuant à la création du Mouvement des citoyens » dont il devient le président en 1992. Premier intellectuel de gauche, lors du traité de Maastricht, à se prononcer pour le « non » avec MF Garaud, Philippe Seguin et Alain Griotteray, il soutient, en 1999, la liste souverainiste Pasqua/De Villiers. Aux présidentielles de 2002, porte parole de Chevènement, il rêve « de réaliser ce que l’on a pu appeler la rencontre des républicains des deux rives ». En vain.

Ces conversations montrent l’importance de la nation pour Max Gallo convaincu que dans une France soumise à une crise identitaire, l’élection de 2007 s’est jouée sur cette notion de l’identité nationale. L’historien se pose en instituteur de la nation estimant « vital de faire le récit de ce territoire devenu la France » dans une perspective chronologique depuis les rois (Cf. L’âme de la France : une histoire de la nation des origines à nos jours, 2007). Homme d’influence, Gallo trouve des relais au plus haut niveau de l’Etat ainsi qu’au Figaro ou au Figaro Magazine pour imposer son idée « du roman national » dans une perspective héroïque idéalisant, de manière assez naïve, la Première Guerre mondiale. Une vision surprenante quand on mesure la tradition antimilitariste dans laquelle il a baigné (influence du père) et que l’on retrouve jusque dans son Grand Jaurès (1984). Si bien que ces conversations donnent parfois le sentiment de reconstruire l’itinéraire de Gallo à l’aune de la seule problématique de la nation et du « roman national ». L’ouvrage n’en reste pas moins un premier témoignage utile pour comprendre la trajectoire d’un historien engagé élu à l’Académie française, en 2007, au fauteuil de Jean-François Revel.

Max Gallo, Histoires particulières. Conversations avec Paul-François Paoli, Cnrs éditions, 2009, 150 pages.

 

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