Arkheia, revue d'histoire

Jean Dieuzaide, rêve d’avion

Par Pascal Caïla
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Article publié dans
Arkheia 20
Auteur : Pascal Caïla est titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine, est aujourd’hui responsable de la communication et des expositions à Odyssud-Blagnac.

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Jean Dieuzaide voulait être pilote, il est devenu photographe. « Je ne regrette rien » aimait - il à répéter. Soixante ans de reportage lui ont donné de multiples occasions de voler, et de photographier ces légendaires vaisseaux des airs nés dans les usines toulousaines.

Lorsque Jean Dieuzaide voit le jour en 1921 à Grenade - sur - Garonne, non loin de là, dans les usines de Toulouse - Montaudran, Pierre-Georges Latécoère et ses compagnons oeuvrent à la plus grande aventure de l’histoire de l’aviation française : l’Aéropostale. Cette aventure qui très vite prend le caractère d’une épopée émerveille le jeune « Yan ». Son père Félix Dieuzaide, amateur éclairé, fait aussi naître en lui une autre passion : la photographie. Jean l’observe à la prise de vue et lors du tirage à partir de plaques. En 1934, Félix Dieuzaide meurt prématurément ; Jean, son frère aîné et sa mère s’installent sur la Côte d’Azur. S’il emporte souvent avec lui son appareil Vest Pocket pour photographier ses amis, ses sorties et sa famille, cet élève doué consacre ses loisirs aux modèles réduits d’a-vions. À Cannes, il devient même le tout jeune président du club local d’aéromodélisme et brille dans les concours pour ses reproductions et ses inventions. Cette passion dévorante inquiète même son frère qui, un jour de 1938, brise un splendide hydravion conçu par soncadet pour le rappeler à ses études. Jean Dieuzaide redouble d’efforts, il prépare le concours d’entrée à Saint - Cyr en vue d’embrasser une carrière d’officier et de pilote. Avec les temps qui suivent, temps de guerre et de rationnement, il contracte une sévère maladie qui le contraint à abandonner. Pour se refaire une santé, Yan séjourne pendant plusieurs mois dans sa famille du Gers, à Ardizas. Les travaux des champs et l’air du pays le remettent vite sur pied et Yan en profite pour se remettre à la photographie. Selon ses propres mots, « il bricole » avec son appareil qu’il dote de filtres et d’optiques de sa fabrication … Il réalise de nombreux clichés sur la vie et le patrimoine dont une sélection est aujourd’hui encore conservée dans des albums de sa composition. Appelé à rejoindre les chantiers de Jeunesse à Nyons en 1942, il devient le photographe de son groupement et, en quelques mois, est nommé au groupement régional de Toulouse. Lorsque Toulouse se libère, en août 1944, il est l’un des rares à saisir par l’image le départ des troupes allemandes et les premières effervescences de le cité libérée. Quelques semaines plus tard, quand le général de Gaulle effectue une visite officielle, il parvient astucieusement à faire un portrait du chef du gouvernement provisoire et propose cette photographie à toutes les préfectures de France. Idée géniale car les commandes affluent si rapidement qu’elles lui procurent des fonds inespérés. C’est décidé : (...)


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