Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

(...) d’un droit humain fondamental, consternant ainsi les maîtres de la Pologne asservis à l’URSS et, en particulier les autorités de Cracovie qui n’ont pas d’abord mesuré l’impact de sa résistance spirituelle. Cardinal à 47 ans, il se démarque du style de vie des autres prélats, continue à faire su sport : marche, montagne, kayak, dans des loisirs pris avec des laïcs, étudiants, adultes, familles. Après le Concile, et surtout dans les années 1970, il voyage beaucoup à travers le monde, rencontre ses pairs du catholicisme et la presse internationale, dont il retient l’attention. Pape à 58 ans, le premier non-italien depuis 1523, premier pape slave de l’histoire, venu tout droit d’une nation au territoire si souvent disloqué et d’un état vassalisé par son voisin de l’Est, il donne à “‑la plus ancienne institution du monde‑” une vitalité sans précédent. De fait, la voie anciennement “‑normale‑” de la papauté n’est plus de mise ; il faut une autre manière, un autre style. Après Paul VI, homme de très haute culture mais usé et blessé par les contestations divergentes de l’après Concile, “‑consumé par l’histoire‑”, voici Jean-Paul II, intelligence brillante, fort de ses convictions et de ses certitudes acquises dans le dialogue et la confrontation avec un univers tout autre, tempérament de “‑combattant heureux‑”, non pas paralysé mais stimulé par les défis présents et à venir. En pleine ville de Rome, il échappe de justesse à un attentat, trompe souvent les pronostics des médecins, voyage à travers toutes les parties du monde, produit une montagne de documents de grand intérêt doctrinal et pastoral, rencontre les foules catholiques par millions, les représentants de toutes les grandes religions, devant l’ONU pour l’universitaire des droits de l’homme si bafoués, et, à la fin d’un siècle de barbarie, se présente comme un témoin de l’espérance.

Signe de contradiction : certains pensent qu’il est le pape le plus important depuis la réforme, sans aucun doute le plus en vue de toute l’histoire -voyages, télévision-. Signe de contradiction aussi. Pour beaucoup, catholiques ou non, le défenseur de la liberté humaine. On admire son plaidoyer constant pour les droits de l’homme, son ouverture vers le judaïsme et l’oecuménisme, son dévouement à la paix -voir sa médiation entre l’Argentine et le Chili dans le conflit du chenal de Beagle, décembre 1978-. Pour d’autres, même catholiques, un autoritaire inflexible, qui méconnaît les aspirations du siècle et porte des jugements moraux regrettables. Ses collaborateurs immédiats peuvent admirer sa piété, sa gentillesse, sa capacité d’écoute, sans être toujours d’accord avec ses décisions ou sa manière d’exercer sa charge. Certains l’accusent de machiavélisme et d’intolérance, tout en le regardant comme le dernier vrai leader international. Vrai mystique, (...)



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