Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

(...) “‑théâtre rhapsodique‑”, étudie la philosophie, surtout la métaphysique. Une fois écrasée par les allemands la révolte de Varsovie, Karol échappe aux rafles de jeunes gens que l’occupant pratique à Cracovie. Ilse cache à l’archevêché, tandis que le directeur de l’usine Solvay, se faisant son complice, admet qu’il est introuvable. Il rencontre souvent l’archevêque Sapieha, pilier de la résistance catholique aux exigences des nazis, qui soutient les clandestins, notamment les juifs de Cracovie, auxquels il fournit des certificats de complaisance. En août 1944, Sapieha a décidé d’assumer lui-même la fonction de recteur du séminaire, dans sa résidence, où les circonstances imposent à chacun une vie spartiale. En janvier 1945, les allemands abandonnent Cracovie et refluent vers l’Ouest. Mais la Pologne censément libérée se découvre refoulée aussi vers l’Ouest, perdant 75.000 km2 et incluse dans le bloc sous influence soviétique. Sous un régime sans réelle autonomie, il ne reste de la Pologne que la partie la plus catholique à la merci des maîtres du Kremlin. C’est à son retour de Rome, après deux années de hautes études théologiques, que Karol retrouve son pays déjà marqué par le totalitarisme stalinien. Quelques mois de vicariat dans un village rural des Carpathes, ert le voivi, en mars 1949, vicaire à St Florian de Cracovie -quartier intellectuel- et aumônier d’étudiants. Devant l’athéisme militant du nouveau régime, il oppose des conférences sur Dieu, sur le caractère spirituel de la personne humaine. Ses interventions dépassent de beaucoup le psittacisme des militants préposés au cathéchisme marxiste. Karol fait connaître à l’église polonaise le mouvement français des prêtres ouvriers, participe au renouveau liturgique et aux oeuvres paroissiales de nature à soutenir la famille chrétienne que les mesures de l’état cherchent à affaiblir. Il est chargé, en sus, du monde de la santé. Son action, son enseignement créent autour de lui des cercles d’amitié, étudiants et jeunes foyers ; groupes quasi-clandestins sans devenir rebelles à l’état, mais vrais îlots de liberté, où l’on peut se confier mutuellement. Par ce biais, Karol noue des liens étroits avec des scientifiques -enseignants, ingénieurs, chercheurs...- à qui il fait découvreir un autre monde, l’univers de la réflexion métaphysique. Sportif, il est toujours en compagnie de jeunes et d’adultes pour marcher en montagne ou faire du kayak. Auprès des jeunes, non autorisés à se faire accompagner d’un prêtre, il sera, dès le début, et pour longtemps, l’oncle‑. Face à un état qui travaille à fragmenter la société pour manipuler à volonté des individus isolés, il offre la pastorale de l’accompagnement, une alternative communautaire réconfortante. Avec lui on peut aborder tous les sujets ; il écoute longuement, éclaire, met chacun face à ses (...)


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