Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

(...) responsabilités, respecte la liberté de conscience. Même attitude dans le sacrement de la pénitence, où il accompagne le drame de la vie intime en aidant le pénitent à trouver sa vocation, son meilleur chemin vers Dieu. Dans les années 1950, il se met à collaborer à‑l’hebdomadaire universel‑ de son ami Turowicz, seul organe catholique de haut niveau pour Cracovie, source d’informations non filtrées, soutenu par des intellectuels et des artistes non-alignés. Il y fait connaître les grands théologiens français, les réalisations des prêtres-ouvriers de la mission de France. De nouveau, il écrit pour le théâtre. il publie‑‑Frère de notre Dieu‑ (thème : transformer la culture pour orienter la politique vers le service des pauvres) ;‑La boutique de l’orfèvre‑ (vision du drame humano-divin qui se joue dans le mariage). Dès 1952, l’état resserre son étau sur l’église : restrictions accrues de la presse catholique, fermeture de certains séminaires, arrestations de prêtres, impôts exorbitants, mise en place d’une association de ‘’‑prêtres patriotiques‑’’ pour réclamer la révocation du primat de Varsovie Wyszynski. En 1953, l’état annonce qu’il nommera et déposera à son gré les évêques et les curés, et exigera de tous les prêtres un serment d’allégeance. Le primat de Pologne, d’abord à Varsovie, puis au milieu des évêques réunis à Cracovie, réplique : “‑Nous ne sommes pas habilités à placer ce qui est à dieu sur l’autel de César‑”. Il est arrêté, interné dans un monastère lointain. Libéré par Gomulka, il n’accepte de rejoindre son siège qu’une fois le décret de 1953 abrogé, l’évêque Kaczmarek libéré et la presse catholique rétablie dans ses droits. A son rang de prêtre, Karol tisse des réseaux de résistance aux mensonges officiels et aux abus manifestes du pouvoir. Le nouvel archevêque de Cracovie, Baziak, lui demande de préparer un deuxième doctorat pour devenir enseignant de niveau universitaire. Karol étudie à fond Max Scheler (+1928), Kant, Thomas d’Aquin, obtient son deuxième doctorat “‑Jagellon‑”. Il enseigne dès lors à la jeune université catholique de Lublin la philosophie éthique, opposant au matérialisme marxiste, caricature d’humanisme, et à l’irrationalisme hérité du nazisme une vision de la réalité de l’homme et des choses liée à la liberté. Sa manière d’exposer est narrative. Que ce soit à partir d’Aristote, de Platon ou de tout autre grand jusqu’à Scheler, il met l’accent sur la liberté comme essentielle à la nature spirituelle de l’homme. D’autre part, il se révèle remarquable directeur de thèses. Quant à son ouvrage‑Amour et responsabilité‑, il résulte d’une nécessité pastorale qui l’amène à résister à la fois à la vague de la révolution sexuelle venue d’Amérique du Nord et à la campagne communiste contre la vie familiale (...)


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