Arkheia, revue d'histoire

Joseph Darnand, un zélé collaborateur

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : historien, directeur de la revue Arkheia, est notamment l’auteur de 99 questions... Les Français durant l’Occupation (CNDP, 2007).
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(...) à Vichy. Fort du soutien de l’amiral Darlan mais surtout de Laval, le SOL s’étend, en janvier 1942, à l’ensemble de la zone Sud. Avant tout police supplétive, le SOL intervient là où les forces de l’ordre ne parviennent pas à contenir les « activités antinationales ». Laval, revenu aux affaires en avril 1942, crée, en janvier 1943 pour renforcer l’action du maintien de l’ordre du SOL, la Milice française. Chef de la Milice, Darnand en fait une police aux ordres des nazis. Ce nationaliste qui a combattu vigoureusement par deux fois l’Allemagne va même prêter individuellement serment au Führer pendant l’été 1943. Cette collaboration active vaut à son organisation d’être armée par la Gestapo, exerçant parfois même en partenariat avec elle des actions contre la Résistance. Dans le même temps, Darnand donne son adhésion à la Waffen SS et rejoint les volontaires de la LVF partis combattre, aux côtés de la Wehrmacht, l’Armée Rouge. Cet engagement total dans la Collaboration vaut à Darnand le soutien des Allemands. Ils l’épaulent, en janvier 1944, pour prendre en main le secrétariat général du maintien de l’ordre à Vichy. Désormais responsable des polices françaises et de l’administration pénitentiaire, Darnand est au faîte de sa puissance alors que Vichy n’est plus que la pâle figure d’un État aux mains des miliciens. Darnand lance une répression implacable contre les maquisards, les résistants, les juifs, les réfractaires au STO. Des « cours martiales » sont instituées et mettent à mal toute la jurisprudence de la justice française. Composées de trois miliciens, elles condamnent le plus souvent après un jugement très sommaire le prévenu à la peine capitale. Demeuré jusqu’en septembre 1944 en France, Darnand rejoint ensuite Pétain au château de Sigmaringen. Sous ses ordres, les dernières légions de la Milice sont incorporées dans les bataillons de la Waffen SS Charlemagne qui sont, en mai 1945, parmi les dernières à défendre Berlin. Pensant obtenir, comme certains dignitaires nazis, une filière d’évasion par l’intermédiaire de l’Église, il gagne l’Italie. Arrêté, il est extradé en France et condamné par la Haute Cour de justice à la peine capitale. La sentence est exécutée le 10 octobre 1945.

Pour en savoir plus vous pouvez acquérir sur site l’ouvrage 99 questions... Les Français durant l’Occupation. 

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