Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de faire deux rappels. Deux mois avant le massacre de juin, Tulle et sa région ont déjà été victimes d’une aveugle répression. Pendant deux semaines particulièrement sanglantes et dévastatrices, une division motorisée allemande en provenance du sud a semé la terreur dans au moins douze cantons. A la date du 7 avril, le préfet de la Corrèze, Pierre Trouillé, a établi le bilan suivant : 3 000 personnes ont été arrêtées – 70 fusillées – des juifs ont été passés par les armes. Faute de soins, des malades chirurgicaux sont décédés. Des dizaines de maisons et de fermes ont été incendiées. Quel était le but de ces opérations de police ? Le préfet, après avoir fait observer que rares ont été « les engagements directs contre le maquis », estime qu’elles ont cherché avant tout à modifier le climat psychologique, à frapper d’effroi la population, à démontrer à celle-ci que les maux qu’elle subissait étaient « la conséquence du développement du maquis en Corrèze ». Une évidence : les forces d’occupation n’ont pas réussi à freiner l’essor de ce maquis. En effet, à partir du 1er mai, le mot d’ordre des rangs FTP corréziens est d’intensifier l’insurrection nationale, considérée alors comme le seul « moyen d’autodéfense » devant le risque de voir l’armée nazie se livrer « à des internements massifs et au massacre de millions de Français au moment du débarquement allié ». Bref, les différents rapports de gendarmerie, de police et des Renseignements généraux, n’en finissent pas d’énumérer les nombreuses et diverses manifestations de « l’activité terroriste criminelle » : attaques à main armée, attentats, sabotages, occupations de villes le 1er mai. La Résistance corrézienne, notamment FTP, « a crû en puissance et en audace ». Début juin, elle le montre avec éclat, en décidant d’investir la ville de Tulle.
Le 7 juin 1944, à partir de 4 h 30, commence l’assaut, qui se poursuit le lendemain. Les combats sont rudes et sanglants, émaillés d’épisodes tragiques : 18 gardes - voies abattus froidement dans le dos ; une trentaine de maquisards mortellement frappés ; une garnison allemande contrainte par l’incendie de sortir de l’école normale des filles où elle s’était retranchée et soumise aux rafales d’un fusil - mitrailleur. C’est alors qu’interviennent les hommes (...)
Avec la parution de notre numéro Azana 3, paru le 21 octobre 2009, dernier hors série paru aux éditions Arkheia, nous clôturons l’abonnement 2009.
Celui-ci aura permis à nos abonnés de bénéficier gratuitement d’une remise de 23 euros avec la réception gratuite de notre hors-série.
Pour poursuivre votre abonnement pour 2010, n’attendez pas, renvoyez-nous dès aujourd’hui votre demande auquel est jointe votre chèque de 16 euros à Arkheia, 5 bld Marceau-Faure, 82100 Castelsarrasin.