Arkheia, revue d'histoire

L’Affaire du Fau

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Article publié dans
Arkheia n°5-6
Auteurs : Pierre Theau et Max Lagarrigue

(...) Ressigeac, céda cette riche documentation aux Archives. Après leur classement, il fut possible aux chercheurs d’ouvrir cette manne d’archives. C’est cette première raison pour laquelle, je n’ai pas eu à recueillir le témoignage de M. Theau. Toutefois, je mentirais si je ne disais par pourquoi je n’ai pas pris le loisir de le rencontrer. Jacques Latu qui a recueilli une 100e de témoignages locaux sur cette période avait par deux fois contacté l’intéressé. Celui-ci l’a toujours renvoyé à une rencontre sine die, sans parvenir à faire son interview. Pourquoi donc ? Peut-être que pour se targuer de défenseur du “ devoir de mémoire ”, il faut tenter de décrédibiliser les travaux des “ jeunes ” historiens. Devenu un véritable dogme de la vérité, les historiens sont assaillis lorsqu’ils ne la délivrent pas sous la forme que leur commande cette mémoire. Ils sont alors calomniés en “ dévoyeurs ” du “ devoir de mémoire ”. Déjà au début des années 90, l’historien récemment disparu François Bédarida et le sociologue Tzevan Todorov, parlaient des dangers autour de ce devoir dont ils voyaient les dérives possibles dans ce qu’ils appelaient les “ abus de mémoire ”. Si dans l’association que je préside – Arkheia – nous assumons sans rougir le bilan de notre travail d’historiens, il est un moment où il faut rappeler quelques principes fondamentaux entre Histoire et Mémoire. C’est pourquoi, nous ne pouvons nous taire devant ce qui nous paraît comme un véritable glissement dans les objectifs et les attentions. Influencés sans doute par des appétits autres que le sacro-saint “ devoir de mémoire ”, certains, confondant allègrement histoire et mémoire, risquent d’étouffer la première en promouvant exclusivement la seconde. Pour rechercher reconnaissance et médiatisation, d’aucuns l’ont bien compris… La mémoire est une fonction ancrée dans le présent qui répond aux interrogations et aux besoins de ce présent. Elle n’éclaire mais surtout n’analyse en rien le passé. Elle reconstruit obligatoirement la réalité en noir et blanc. Dans le cas précis de la Seconde guerre mondiale, on l’aura bien compris “ Vichy est un passé qui ne passe pas ”. Mais plus encore, la fin d’un mythe, celui d’une Résistance unie pour lutter contre l’occupant et quelques séides français, sonne le glas sur une certaine légende savamment entretenue après-guerre. On comprendra que ces “ zélés laudateurs ” se drapant dans le voile immaculé du “ devoir de mémoire ”, s’attachent à encenser les “ bons historiens ”, ceux qui savent préserver leur vision du passé quand ce ne sont pas eux les “ scribes ” de leur propres histoires, et a diffamer les “ mauvais historiens ”, ceux qui osent mettre leur curiosité dans les fissures d’un mur déjà bien craquelé. On l’aura compris, ce qui se cache dans ce “ devoir de mémoire ” bien (...)


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