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L’Armée d’Hitler. La Wehrmacht, les Nazis et la guerre par Omer Bartov

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Max Lagarrigue, historien, directeur de la revue Arkheia.

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La Wehrmacht fut-elle une organisation militaire qui se contenta d’exécuter avec une remarquable compétence professionnelle les ordres qu’elle reçut ou une armée très politisée ? Fut-elle un îlot échappant à l’emprise du régime ou une école exceptionnellement efficace de national-socialisme ? Menaça-t-elle le pouvoir d’Hitler ou fut-elle son instrument le plus effrayant ? (...) Bref, la Wehrmacht fut-elle l’armée d’Hitler ? “ c’est ce à quoi Omer Bartov, jeune historien israélien, résidant et enseignant aux Etats-Unis tente de nous montrer dans cet ouvrage remarquable. Loin des polémiques suscitées par la parution de la thèse de Daniel Goldhagen (Les Bourreaux volontaires de Hitler, Seuil, 1997), Bartov cherche à comprendre ce que “ fut la nazification des soldats allemands “. C’est durant la guerre et essentiellement sur le front de l’Est que la Wehrmacht est devenu l’armée d’Hitler nous dit l’auteur. Dès l’hiver 1941-42, les conditions de guerre se dégradent. La Blitzkrieg qui assura les victoires éclairs en Pologne et en France, n’est plus à l’ordre du jour. Dès lors les conditions de guerre se dégradent. D’une guerre moderne, les soldats allemands sont embourbés dans une guerre de tranchées. La Wehrmacht accepte dès lors la vision d’Hitler, “ pour qui cette guerre était une lutte à mort pour la survie, une “ guerre entre idéologies “ exigeant un engagement spirituel total. Cet engagement radical est maintenu par une discipline de fer. Environ 15.000 soldats allemands passent par le peloton d’exécution. Cette violence à l’intérieur même de la Wehrmacht est à l’origine des activités criminelles dont elle se rend coupable. Nombre d’actions de pillages et d’exécutions sommaires des soldats bénéficièrent “ d’une impunité totale “. L’armée allemande se dotait ainsi d’une “ soupape de sécurité “. La perversion des bases morales et juridiques de la loi martiale permettait la cohésion de cette armée. Nonobstant, la discipline et l’archaïsme des combats ne suffisent pas à expliquer l’ampleur des atrocités commises par la Wehrmacht. La propagande Hitlérienne su à merveille donner une image particulière aux combats de la Wehrmacht, elle devient le dernier rempart à l’invasion de l’Union soviétique. Dernière défense à la Kultur, l’armée allemande se voit confier une nouvelle croisade contre un ennemi diabolique, le bolchevisme. A cet enrôlement idéologique de la société civile, la Wehrmacht étant pour l’essentiel constituée de conscrit, Bartov souligne comment la mémoire collective allemande à minoré l’implication de l’armée dans le processus criminel. La défaite allemande a permis à la Wehrmacht de se défaire de ces crimes. Ceux-ci sont devenus “ les crimes de Hitler, et leurs victimes ses victimes “.  (...)

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