Arkheia, revue d'histoire

L’Espagne a cessé d’être catholique

Par Manuel Azaña, traduction Jean-Pierre Amalric
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Article publié dans
Azaña 3 /hors série

(...) Renan l’a dit : « Ceux qui sortent du sanctuaire sont plus assurés de leurs coups que ceux qui n’y sont jamais entrés ».

Et je vous demande, Messieurs les Députés, surtout aux groupes républicains et socialiste, les plus en communion d’idées avec nous : ce que je vous dis là, ces mots que je prononce, vous paraissent-ils faux ? Cette position, qui est la mienne et celle de mon parti, est-elle dangereuse pour la République ? Croyez-vous qu’une politique inspirée par ce que je viens de vous dire, par cette conception de l’État espagnol et de l’Histoire espagnole, conduirait la République à quelque mauvais pas où elle pourrait se faire égorger impunément par ses ennemis ? Ne le croyez pas. En vous donnant cette garantie, je vais maintenant confronter les textes en discussion. Nous, nous avons dit : séparation de l’Église et de l’État. C’est une vérité incontestée : l’immense majorité des Cortes ne la discutent même pas. Cependant, de quelle séparation s’agit-il ? Allons-nous creuser un fossé dans les relations entre Église et État, pour rester d’un côté du fossé et ignorer ce qui se passe de l’autre côté ? Allons-nous ignorer l’existence d’une Église catholique en Espagne, avec ses fidèles, sa hiérarchie et sa puissance suprême à l’étranger ? Il y a en Espagne une Église protestante, ou plusieurs, je n’en sais rien, avec ses évêques et ses fidèles, et l’État ignore absolument l’Église protestante espagnole. Concevez-vous que, demain, la situation de l’Église catholique puisse être celle de l’Église protestante aujourd’hui ? C’est pour combler cette lacune que monsieur Ramos, avec toute sa bonne volonté et toute la sagacité de son savoir, a déposé l’amendement qui, pour l’instant, a été accepté par plusieurs groupes du parlement. L’intention de cet amendement était justement, comme vient de l’indiquer le président de la commission, de soumettre l’Église à l’État. Mais il semble que cet amendement a avorté. Mon éminent ami monsieur De los Ríos 4 ne doit pas ignorer que dans une assemblée comme celle-ci, si nombreuse, sur une question aussi strictement juridique que ce statut d’institution de droit public, la majorité des opinions - soit dit sans offense, car je m’y inclus - doit se ranger à l’argument d’autorité, et quand une autorité aussi éminente que celle du ministre de la Justice s’est prononcée contre elle, cette malheureuse idée d’institution de droit public est devenue caduque. Je regrette que la Chambre, si nombreuse, ayant entendu monsieur le ministre, n’ait pas entendu la réponse, si réfléchie, de monsieur Ramos ; mais c’est à présent chose inévitable.

Que nous reste-t-il donc ? Dans le discours de monsieur le ministre de la Justice, en en venant à cette question, j’ai regretté de ne pas trouver quoi substituer à cette garantie juridique de la situation de l’Église en (...)



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