Arkheia, revue d'histoire

L’État-major de l’Armée secrète et des FFI de Tarn-et-Garonne

Par Jacques Latu
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Jacques Latu est conservateur honoraire du musée de la Résistance et de la déportation de Montauban.

(...) fin juin 1944 l’E.M. quitte la ferme Marmiesse pour s’installer toujours près de Montauban dans la salle d’oeuvre de l’église de Gasseras chez le vieux prêtre de la paroisse l’abbé Moreau et y rester une partie du mois de juillet. Marcus loge maintenant chez des cousins. Pruet passe pour un voyageur de commerce, mange chez le prêtre, couche sur un lit de camp dans cette salle d’oeuvre déjà encombrée. Andrieu n’y reste qu’une nuit pour se loger chez Marcel Cassagneau [1] que l’AS avait chargé de fabriquer des faux papiers. Pour ne pas attirer des questions de ses paroissiens, le prêtre trouve pension à Pruet chez un cheminot M. Chateau qui habite une ferme proche de l’église. Marcus s’est réfugié chez une de ses parentes Mme Hartmansheim aux Charmilles [2]. Quittant chacun leur planque, Marcus, Andrieu et Pruet se retrouvent à l’église pour travailler. Des commères disent que des inconnus habitent l’église ! Un jour, du jardin du presbytère, Pruet voit descendre d’une voiture quatre hommes en civil, armés, qu’il pense être des miliciens. Ils demandent à voir le R.P. Peyrelade père jésuite, directeur de la maison de repos pour ecclésiastiques de Labastide et favorable à la résistance pour avoir caché des juifs. Ils veulent le mettre en sécurité dans le Gers car il est menacé d’arrestation. L’abbé Moreau répond ne pas savoir où il se trouve car il flaire le piège. A cette époque le RP est en sécurité déjà à l’hôpital de Grisolles dirigé par des soeurs. Aux premiers jours de juillet 1944 Pruet sait qu’il est connu de la milice21. Il décide par prudence de s’éloigner et il loge à la ferme Séguy à la limite des communes de Lavilledieu et de Montbeton. Des réunions se tiennent toujours chez Cassagneau et au domicile de Calsacy, Clément, responsable à ce moment là du S.A.P. en Tarn-et-Garonne, qui vend des postes radio et assure clandestinement des réparations pour les postes radio des maquis dans une arrière boutique du faubourg Toulousain à Montauban. Pruet est hébergé chez Château jusqu’à son départ à Aussac :” Il me faisait manger quand j’étais chez lui à midi. Il n’a jamais accepté de rémunération. (plan 1)“ “ Puis j’ai eu refuge chez Séguy par l’intermédiaire d’un instituteur de Montbeton “.22

Au début du mois d’août 1944, nouvelle alerte : les allemands

perquisitionnent la ferme voisine. Pruet ne reviendra plus à la ferme Séguy. Le P.C. de l’EM, inquiet des commérages et des recherches des miliciens se déplace dans une ferme abandonnée près du château de Gatille indiquée par le pasteur d’Hauteville-Guibal qui officie au temple des Carmes à Montauban. Le 16 août 1944 l’EM départemental s’installe à Aussac à la ferme Terras chez Vidal, commune de l’Honor-de-Cos. C’est le P.C. du colonel Langeron et avec lui une quinzaine de personnes dont Pruet, Marcus et Andrieu les plus (...)



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